La véloroute V63 au cœur du sillon alpin entre suit en grande partie la vallée de l’Isère au travers de Valence, Grenoble avant de la quitter dans la Combe de Chambéry et finir sa course à Aix-les-Bains. Pour un terminus provisoire de toute beauté ?


Note: cet article présente la véloroute dans sa totalité bien que j’ai eu le loisir de la fréquenter grâce à la proximité de mon domicile mais cela n’a jamais été dans le cas d’un voyage bout à bout. En cela, les photos illustrant cet article est le fruit de mes différents passages sur cet axe touristique important. Cet article s’est également vu complété et enrichi dans le temps, vous trouverez plusieurs volets liés à la véloroute V63:

  1. présentation globale de l’itinéraire
  2. retour sur un WE à vélo avec une amie, qui est le cœur originel de l’article
  3. la variante vers Pont en Royans qui offre quelques coins à bivouac

1. La véloroute V63 en pratique

  • Distance: 205 km.
  • Dénivelé: 1000m
  • Durée: deux bonnes journées de vélo, plus si on inclut la visite des villes
  • Hébergement: des campings sont à disposition tout au long du parcours: Chateauneuf sur Isère, Saint Nazaire en Royans, Saint Romans, Beauvoir sur Royans, la Terrasse, aux Marches, Challes-les-Eaux et Aix-les-Bains.
  • Difficultés: aucune, le parcours est plat et permet de profiter des Alpes sans trop d’effort avec quelques tape-culs tout de même
  • Accès: En train à la gare de Valence et d’Aix-les Bains, sur la même ligne

Le parcours est suffisamment balisé pour ne pas se perdre et vous trouverez plus d’informations détaillées sur l’AF3V. J’inclus tout de même un détour qui me paraît très intéressant: vers Pont en Royans pour s’approcher au plus près du Vercors.

La véloroute se parcourt facilement en deux jours et à mon sens, il faut la voir comme un hub, une ligne directrice dont on peut s’écarter à la demande lorsque des sites et villages valent le détour, ce n’est pas ce qui manque dans cette partie de l’ancienne province du Dauphiné. Dès le départ à Valence, la véloroute V63 est interconnectée à la Via Rhona qu’on ne présente plus. Enfin non loin de son terminus, une interconnexion avec la véloroute V62 est également possible depuis le Lac Saint André aux Marches.

noyers

A cheval entre Isère et la Drôme, d’un côté le Vercors, plus touristique fait en permanence des appels du pied tandis que de l’autre côté les collines des Chambaran attirent l’œil pour le calme et l’authenticité. Tandis que le long de l’Isère on chemine au côté des champs, d’abord en compagnie d’abricotiers puis des noyers en allant vers le Nord. Le balisage est excellent ce qui est rassurant pour une voie cyclable de cette envergure.

Je note tout de même quelques passages intéressants notamment entre St Hilaire du Rosier et Saint Marcellin avec un passage à le Sône, magnifique village. Si l’on fait le détour, le viaduc de Saint Nazaire en Royans est impressionnant. Si la véloroute ne s’aventure pas dans le Royans, pays de la raviole je vous y invite notamment dans la variante proposée.

A partir de Vinay, la véloroute est entièrement en voie verte jusque dans la vallée du Grésivaudan de l’autre côté de Grenoble. L’occasion est belle d’enclencher le grand plateau d’autant que la forêt invite à pousser fort sur les pédales et moins à regarder les paysages. Au moins, il fait frais l’été. Grenoble, capitale des Alpes n’a pas vraiment d’intérêt, tout juste je recommande le musée dauphinois, éventuellement la Bastille ou encore le fort Saint Eynard mais il faudra prendre un bus ou alors muscler les mollets pour s’y rendre.

voie_verte_grenoble
véloroute_V63_belledonne
Ensuite la remontée de l’Isère dans le Grésivaudan aborde peut-être la plus belle partie de cette véloroute mais je ne suis pas impartial. D’un côté vous avez les falaises plongeantes de la Chartreuse et de l’autre côté le massif cristallin de Belledonne. Difficile de rester insensible à cette beauté pour peu que l’on ne soit pas habitué de ces décors.

D’autant que ces routes agricoles faiblement fréquentées demandent moins de vigilance. La véloroute v63 monte à Barraux, village en belvédère et la section jusqu’à Chapareillan est tout aussi superbe. Le lac Saint André implanté dans les coteaux de Savoie marque la frontière entre Dauphiné et Savoie. Un raccordement de quelques kilomètres vous emmène à la véloroute V62 “Combe de Savoie” à Montmélian. A présent Chambéry se dresse et la piste cyclable toujours aussi facile à suivre, même si parfois rébarbative le long de l’autoroute.

coteaux_savoie_lac_saint_andre

Le centre ville de Chambéry vaut le détour pour ses ruelles à l’italienne et ses quelques traboules. La section finale vers Aix-les-Bains est entièrement en voie verte. Si le Bourget du Lac offre déjà un premier apéritif sur le lac, le détour vers les petites criques de Bourdeaux au pied du tunnel du Chat vaut sincèrement le coup.

De retour sur la piste cyclable, la plage du Lido est une bonne option pour poser le vélo et se baigner face à la Dent du Chat. Aix-les-Bains n’est qu’à quelques encablures et est pour le moment terminus de cette véloroute v63. En attendant des projets sont envisagés pour boucler l’axe V62-V63 vers Annecy, une solution par l’Albannais existe. Il est également possible de rejoindre la Via Rhona par Chanaz en empruntant la spectaculaire route de la Chautagne, comptez 30 km environ et pourquoi pas continuer sur le Grand tour du lac du Bourget.

lac_bourget

2. Un WE cyclotourisme sur la véloroute V63 entre Valence et Saint Marcellin

Avec une amie, Emeline, habituée des voyages à vélo et autres activités de plein air, on s’était dit qu’il serait cool de passer un week-end à vélo en dehors de Chambéry. Seul critère déterminant: que cela ne monte pas trop.

Le parcours idéal m’est venu rapidement en tête: sillonner la véloroute V63 le long de la vallée de l’Isère depuis Valence proche du Vercors. Ainsi fait, nous pouvons nous y rendre en train puisque la ligne TER Valence – Annecy offre plusieurs points d’arrêt possibles pour le retour: Romans sur Isère, Saint Hilaire – Saint Nazaire et Saint Marcellin offrant de la flexibilité.

Partis le vendredi après-midi après le travail par le train jusqu’à Valence, il ne nous restait qu’une dizaine de kilomètres à parcourir pour rejoindre Chateauneuf sur Isère, notre halte du soir. La véloroute V63 s’avère une nouvelle fois très agréable et évite en grande partie de se confronter au trafic routier. Même si l’évolution se fait le long de l’Isère, il faut tout de même compter sur quelques courts raidillons histoire de changer de rythme. Ce samedi d’été est moins propice à la photo qu’à profiter à la flânerie et aux discussions. Les passages à Romans sur Isère, Saint Nazaire en Royans me ramènent inévitablement à la deuxième étape de mon périple à vélo vers Lisbonne.

véloroute_v63

3. Le détour vers le Royans

Lors d’une pause bar à St Nazaire en Royans, célèbre pour son aqueduc et pour être une porte d’entrée du pays du Royans, je propose une alternative à notre parcours. Jusqu’à présent, la chaleur nous étouffe et nous nous contentons de suivre les panneaux de la véloroute V63 sans réfléchir. Aussi joli soit le parcours, en sortir pour nous rendre à Pont en Royans mérite tout aussi bien le coup. D’autant que l’on en profiterait pour trouver un lieu de bivouac près de la Bourne, la rivière du coin, venant tout droit du Vercors.

Le spot de bivouac est trouvé après un examen des lieux : d’après le paysan du coin qui nous remercie de l’avoir prévenu, nous serons tranquilles. Le bivouac se résume à trois vélos en pagaille, une tente 1 place et une tente 2 places placés sous des arbres à côté de cultures maraîchères. Au petit matin, l’humidité de l’air se ressent dans l’atmosphère et le soleil met du temps à s’installer, c’est sous les nuages que nous visitons Pont en Royans, célèbre pour ses maisons suspendues. Le Vercors faisant un grand appel du pied, nous continuons sur notre lancée jusqu’à Choranche, un avant goût de montagne avant de faire demi-tour.

Continuer sur cette route nous aurait rapproché des grottes de Choranche et des fameuses gorges de la Bourne mais nous auraient aussi éloignés définitivement des gares de retour.

Le retour à Pont en Royans est expéditif pour nous diriger ensuite vers la Sône, joli village le long de l’Isère tout en pente et qui se révèle être une halte idéale pour le pique nique avant qu’une menace orageuse nous presse de rentrer à St Marcellin.

Le train achève de nous ramener à bon port en fin d’après-midi.