Avec notre amie Émeline qui nous avait accompagné pour une virée en week-end à vélo sur la V63 Véloroute Vallée de l’Isère, l’idée d’une randonnée dans le massif de Belledonne en refuge a progressivement émergé. De fil en aiguille, le choix s’est porté sur le refuge de la Grande Valloire ou plutôt cabane comme on le verra. La proximité du lac Blanc (attention il y a plusieurs lac Blanc dans Belledonne) est notamment un élément attractif dans le choix de cette randonnée.


Détails pratiques:

Globalement le parcours est en aller-retour avec cependant une variante pour la descente par les deux refuges de la petite Valloire. Cette randonnée est parfaitement réalisable en une sportive journée entière. Le parcours de cette randonnée avec nuit en refuge emprunte en partie le tout nouveau GR738 déjà évoquée dans une tentative de traversée de Belledonne.

  • Distance: 10km
  • Dénivelé: 1100m
  • Durée: 1 journée et demi avec une nuit en refuge
  • Difficulté: aucune
  • Départ/Arrivée: pont de la Grande Valloire. Bus ligne G61 Grésivaudan
  • Cartographie: IGN 3433OT “Allevard”

Belledonne, le massif maison pour une randonnée de 2 jours

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Qu’il est loin le temps ou je détestais Belledonne.

Le massif cristallin se caractérise par ses pentes abruptes d’où la sensation d’avoir sans arrêt à faire de la “caillasse”. Forcément l’aspect devient minéral passé les 1800m mais c’est aussi ce qui le rend plus sauvage. Non seulement les accès ne sont pas les plus simples (notamment au Sud) mais aucune route ne franchit réellement le massif, tout juste un ancien projet de route passant par le pas de la Coche avait été envisagé. La seule vallée qui s’enfonce à mon sens dans le massif est celle du Haut Breda et est justement la rampe d’accès à nombre de randonnées, dont celle de la Grande Valloire.

Cela tombe bien, celle-ci est proche de mon domicile, à peine trente minutes pour se voir proposer une ambiance pleinement montagneuse.

Au parking du pont de la Grande Valloire clairement distinguée sur le bord de la route après le Grand Thiervoz, nombre de voitures sont déjà présents.

Une grande partie de la montée se fait dans la pénombre de la forêt jamais très loin du torrent de la Grande Valloire. La fraîcheur est clairement profitable en cette journée de belle chaleur. Pour parvenir à se hisser à l’altitude 1837m ou se situe le refuge de la Grande Valloire, des pentes abruptes fidèles à la réputation de Belledonne nous attendent.

Notons toutefois qu’après un printemps et un début d’été pluvieux, les cours d’eau sont gonflés à bloc et difficile de ne pas les entendre, ni même de les traverser sans devoir y mettre quelques pieds à l’eau.

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sous_bois

Une des conséquences aussi de ce printemps particulier est l’omniprésence de la flore sauvage: serpollet, pensée sauvage, crépide alpestre et autre anémone sont légions. Enfin les myrtilliers commencent tout juste leur croissance mais ça, entre nous, j’aimerais que cela reste secret !

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anémone
Arrivés au refuge, c’est l’heure du pique nique et un coup d’oeil à la cabane nous fait décider d’y rester pour la nuit. L’aspect “roots” de la cabane nous attire plutôt qu’elle nous repousse. Deux matelas permettent tout de même d’y dormir à trois et l’isolation défectueuse n’est pas un problème pour la nuit qui arrive. Pour les autres saisons, un poêle équipe la cabane, ne restera plus qu’à chercher du bois. Cependant, hors été, il est peut-être préférable d’aller dormir au refuge de la Fouetterie, superbement bien équipé.

Après la pause pique nique, nous reprenons les sentiers en direction du lac Blanc et une incertitude demeure. Il est de “tradition” qu’en après-midi, le massif se couvre de nuages et pour l’instant on n’y échappe pas. Nous craignons d’arriver dans la purée de pois au Lac Blanc nous proscrivant d’admirer le panorama.

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Après une montée plutôt rapide, la vue du lac Blanc accompagné d’un gros névé faisant office de glacier irriguant le lac nous incite plutôt à le contempler qu’envisager quelconque activité nautique, ne serait-ce avec les pieds suite à un printemps avait été frais et pluvieux. Quelques randonneurs aux pieds de “chamois” peuvent envisager par un été sec de faire une transversale col d’Arguille – col de la Valloire, mais en cette fin Juin, difficile de l’envisager. Le seul vrai accès à cette combe est par le sentier que nous avons emprunté.

Devant l’après midi qui s’avance, mon idée de proposer aux filles d’aller aux deux autres lacs du secteur finir par tomber à l’eau. Je préfère profiter du moment de partage tranquillement sur un promontoire surplombant le lac au gré des nuages chatouillant les sommets.

Connaissant mal le secteur, je tente de deviner la pointe de Comberousse, Puy Gris, Rocher Gris, Rocher d’Arguille et le pic de la Grande Valloire. Bien entendu, compte tenu du nombre de voitures au parking, nous sommes loin d’être seuls. Mais j’ai connu nombre de sites plus fréquentés, tout juste un couple de randonneurs hésite à camper ici.

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Le retour au refuge se fait paisiblement et personne ne vient réclamer de place dans le refuge. Alors nous vaquons à nos discussions, jeux, trempettes dans l’eau et à la contemplation.

Au fil des heures, les nuages se retirent et, dégagé, le pic de la Grande Valloire change progressivement de couleur jusqu’aux dernières lueurs du soleil. Depuis un promontoire à proximité du refuge, nous admirons, tels de parfaits romantique, le panorama de la Chartreuse, Chamechaude compris jusqu’au lac du Bourget.

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pic_grande_valloire_matin
Le lendemain est anecdotique, sous un ciel devant très rapidement orageux, nous entamons par le GR738 une sorte de variante pour redescendre dans la vallée. Le refuge de la Fouetterie, avec une position plus avancée mais moins alpin que le notre est pétri de qualités, parfait pour une nuit entre amis.

Bravo à l’association Tous à Poêle pour l’entretien du refuge parmi d’autres peuplant le nord du massif de Belledonne, propice à une autre randonnée de 2 jours. Nous retrouvons la forêt pour une descente rapide vers le parking initial afin de clore cette belle sortie entre amis.