Note: La randonnée décrite dans cet article date de Septembre 2012 mais reste toujours d’actualité

C’est l’histoire d’une randonnée itinérante dans le massif de Belledonne qui commence à dater, dont au début je ne savais quoi raconter pour finir par ranger dans les cartons écrits et photos.

Pourtant, toute évasion ne peut être prescrite dans le temps. En 2012, je ne pouvais pas savoir alors, habitant de la région parisienne dans une vie citadine, que je me retrouverais un jour à vivre à proximité des lieux traversés lors de cette randonnée. Me voilà habitant du Grésivaudan, vallée qui s’étire entre le massif de la Chartreuse et Belledonne donc.

C’est exactement pour cette raison que je me suis mis en tête de remettre au goût du jour cette randonnée, car même si elle date, elle reste toujours possible, la géologie n’évolue pas aussi vite que nos propres vies.

belledonne_nuages

Une randonnée facile à accéder en TEC

Le massif de Belledonne est situé près de Grenoble et n’est pas tellement éloigné de Chambéry ou d’Albertville dans sa partie Nord. Les transports en commun permettent facilement d’accéder à Chamrousse, station de ski grenobloise, même hors saison, en soi c’est très pratique. Ensuite, j’avais planifié au millimètre près 4 jours de randonnée pour me rendre à Fond de France dans le Haut Bréda tout aussi desservi en TEC.

Les 4 jours de randonnée itinérante permettaient d’affronter la partie centrale de Belledonne, en soi la plus intéressante puisque j’étais amené à affronter plusieurs cols au delà de 2000m ainsi que de flaner le long des lacs des 7 laux. Il s’agissait là d’un vrai trek de montagne avec au minimum 1000m de dénivelé par jour.

J’avais prévu des bivouacs à proximité de quelques uns des nombreux lacs qui jalonnent le massif et en font d’ailleurs des intérêt du massif. Il faut savoir qu’il reste sauvage, puisqu’il n’y a que peu de traces d’activités humaines visibles en dehors des alpages. En effet, aucune route ne pénètre réellement le massif cristallin. Toutefois le fait qu’il soit relativement étroit permet régulièrement de voir les vallées alpines et donc par conséquent le monde urbanisé.

Mais détrompez-vous, votre regard restera centré sur l’aspect résolument montagneux.

Je me rappelle des montagnes russes que j’ai du affronté au second jour, notamment au col de la Sitre dominant le lac de la Grande Sitre à la couleur bleu émeraude. Je me rappelle encore des pêcheurs auprès des lacs David non loin du refuge de la Pra en pleine nature, alors que Grenoble n’est qu’à quelques encablures.

lacs_david

Quand l’inexpérience parle

On est en 2012, je viens tout juste de me mettre au trekking et je manque singulièrement d’expérience sur les itinéraires, sur l’effort à fournir, sur le fait d’être seul tandis que l’équipement n’était pas encore optimisé à mes besoins. Après une belle première journée, j’ai bivouaqué au lac du Crozet, pour me réveiller sous le mauvais temps le lendemain matin.

Vent et pluie

J’ai préféré jouer la prudence et m’adapter en changeant l’itinéraire: privilégier les premiers étages alpins en sous bois, plutôt que l’exposition des plus hautes altitudes.

C’est alors qu’avec la rudesse du massif, le challenge physique constant qu’il impose, avec des montées et descentes sans cesse sans un seul mètre de plat, je me retrouve le soir à camper près du refuge Jean Collet. La vue est magnifique, sur la Chartreuse et le coucher de soleil récompense mes efforts.

En calculant le parcours qu’il me reste à faire, j’en viens à la conclusion que je ne serai jamais à Fond de France dans le temps imparti pour prendre le bus et ainsi rentrer à Paris comme il se doit. S’il n’avait pas plu et que j’avais avancé comme prévu, pas de soucis. Cette randonnée a au moins le mérite d’apprendre la prudence et de toujours me donner une marge de sécurité sur les parcours.

Je décide dès le lendemain de rentrer au plus direct dans la vallée.

coucher_soleil_refuge_jean_collet

nuit_grenoble

petit_matin_refuge_jean_collet

L’itinéraire Chamrousse – Fond de France est toujours valable

Cet itinéraire, près de 8 ans plus tard est toujours valable. Vous trouverez des topos notamment sur Altitude Rando

Veuillez noter que depuis quelques années, il existe un balisage GR 738 pour la haute route de Belledonne, qui traverse intégralement le massif de Vizille au Sud à Aiguebelle au Nord, cela devrait vous prendre 7-8 jours de randonnée itinérante voire plus tard selon votre rythme. Il est possible de suivre strictement les 11 étapes et alors de dormir à chaque fois dans un logement en dur.

Traverser Belledonne nécessite souvent d’être en autonomie complète pour profiter au mieux de ces instants de liberté !