Au moment d’affronter les grandes chaleurs de l’été, nous sommes partis pour une randonnée avec bivouac dans le massif de Belledonne autour du Ferrouillet. Se déroulant dans la partie centrale du massif, abordant quelques lacs réputés, le tour est de toute beauté que cela soit dans le versant Grandes Rousses ou Chartreuse.


Détails pratiques

  • Distance: 19 km
  • Dénivelé: 1600m
  • Durée: 2 jours de marche. Bivouac
  • Difficulté: Très bien balisé pour les parties fréquentées notamment le GR738, un peu moins vers le col Aigleton
  • Cartographie: La carte IGN 3335ET “Le Bourg d’Oisans l’Alpe d’Huez”
  • Départ/Arrivée et accès: Parking du pont de la Betta en voiture obligatoire

L’itinéraire peut être abordé dans les deux sens, avec une préférence dans le sens horaire même si nous l’avons fait dans l’autre sens. Il y a plus d’opportunités de bivouac près du pas de la Coche tandis que le lac de Crop, un des plus populaires de Belledonne est archi saturé en été. Il n’y a pas tant de dénivelé en revanche, il faut aimer le monde minéral. Cela tombe bien, j’aime !

Retour sur cette randonnée bivouac dans le massif de Belledonne

monde_minéral_belledonne
Jusqu’à présent, le Ferrouillet m’était inconnu mais sur la carte IGN il se distingue clairement avec ses deux pointes Nord et Sud. Il est facilement accessible depuis la Brèche de la Roche Fendue mais cette ascension n’était pas dans nos plans, nos esprits étant plutôt tournés à réaliser ce tour. Il faut savoir qu’une variante plus courte de ce tour est possible: depuis le pas de la Coche il s’agit de descendre directement au parking du pont de la Betta et ainsi escamoter le détour par le col Aigleton pourtant magnifique. Sans compter le passage au lac du Vénétier.

Nous sommes partis en cours d’après-midi pour nous rendre au lac de Crop, à 1900m, lieu logique pour un bivouac.

A vrai dire, le massif de Belledonne est tellement incliné, dépourvu d’alpages signifiant des zones plates que trouver un spot de bivouac n’est jamais une mince affaire. En moins de deux heures nous parvenons au lac déjà saturé de monde, venus pour faire la même chose que nous mais avec un certain amateurisme: musique, baignade, bruits de discussion, cigarettes. Le monde contemporain s’est télé-transporté dans un autre monde moins hospitalier mais plus fragile. Nombre de tentes installés le soir parfois (souvent) dans des conditions précaires ne laissent pas augurer une bonne nuit aux occupants.

Pour la faire courte, un samedi soir d’été, je déconseille fortement le lac de Crop pour un bivouac mais plutôt pour une randonnée à la journée, à midi au soleil, le lac très encaissé est entièrement sous le soleil et vous pourrez mieux apprécier sa couleur bleue.

lac_de_crop

Heureusement, nous sommes installés sur un des derniers spots de bivouac qui soit correct à nos yeux. L’emplacement, en promontoire sur la vallée du Grésivaudan offre le loisir de contempler un fantastique coucher de soleil, accompagnés bien entendu d’un groupe de six mecs pas vraiment respectueux. Le comble arrive lorsqu’un des gars cherche quelque chose au sol, possiblement un mégot de cigarette et je ne me gêne pas pour le mettre mal à l’aise “vous avez besoin d’aide ?” alors qu’il frôle notre tente. En se levant à 6 heures du matin pour cette fois apprécier le lever du soleil, nous ne sommes tranquilles que quelques minutes avant qu’un premier groupe ne descende au parking: leur nuit a été courte faute de pouvoir planter leurs tentes. L’heure matinale permet de redécouvrir l’existence d’une doudoune ne serait-ce que le temps de quelques minutes avant l’apparition du soleil sur le promontoire et de la chaleur. Ceux qui dorment en contrebas ne verront pas de suite le soleil.

coucher_de_soleil
lever_de_soleil_lac_de_crop
coucher_de_soleil_tente
lever_de_soleil_montagnes
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Il est temps alors de se mettre en route pour le col de la Mine de Fer, nom qui illustre bien l’activité minière autour de ce massif, notamment dans la vallée du Haut Breda. D’abord dans l’ombre des montagnes durant une demie heure, nous passons en un clin d’œil d’un monde aquatique à celui minéral franchement exposé au soleil et ce pour le reste de la journée.

A 2400m le col marque les retrouvailles avec le GR738, la fameuse Haute Traversée de Belledonne dont j’ai déjà eu l’occasion de côtoyer les traces lors d’une traversée de Belledonne en 4 jours ou lors d’une autre randonnée de 2 jours dans le massif de Belledonne.

sommets_belledonne
bouquetins
S’en suit un cheminement entre pierriers et éboulis vers la Brèche de la Roche Fendue, un sentier qui auparavant n’était pas balisé il y a une dizaine d’années. Mais quelle immersion, quel spectacle que ce dédale de chaos rocheux parfois technique et demandant de la vigilance, c’est sur les Converse aperçus la veille n’ont plus leur place. Cette brèche à près de 2500m, porte bien son nom puisqu’elle est un passage entre le versant côté Chartreuse vers les Grandes Rousses.

Malgré que nous soyons partis tôt en ce dimanche matin, il fait déjà très chaud et les réserves d’eau se vident assez régulièrement. Des réserves d’eau, on en trouve aux barrages de Grand Maison et du Verney, au pied des glaciers des Grandes Rousses, inconnus à mes yeux et qui nous font face.

Le sentier en balcon vers le pas de la Coche semble interminable et les pauses ravitaillement en eau se multiplient. Quelques bouquetins détournent l’attention de nos têtes rivés sur le sol pour assurer les pas. Une belle excuse également pour sortir l’appareil photo, je reste fasciné par le décrochage du Grand pic de Belledonne dans notre dos.

Le pas de la Coche à 1989m est le point le plus bas du massif pour relier la Chartreuse aux Grandes Rousses, il avait été envisagé dans le temps de transformer les pistes forestières en route, le pas aurait alors été un col routier. Le projet, heureusement, n’a pas rencontré d’adhésion, néanmoins la route est bien bitumée jusqu’au pont de la Betta. La situation des cols à proximité des sommets explique le fait qu’aucune route ne traverse le massif. Par conséquent, on peut vraiment considérer le massif de Belledonne comme sauvage, la seule route qui pénètre le massif est celle menant au Pleynet de la station des 7 laux à travers la vallée du Haut Breda.

Le pas de la Coche est un endroit pratique pour le pique nique du midi et accessoirement de planter le bivouac, notamment autour du lac et des pylônes électriques, eh oui on ne peut pas tout avoir. J’imagine que le problème est exactement le même qu’au lac de Crop.

grand_pic_belledonne
aigleton

S’il est en effet possible de descendre directement au parking depuis le pas de la Coche, nous continuons à suivre le GR738 pour entamer une variante du tour. Les torrents aux oubliés absents depuis la veille réapparaissent au bonheur de nos oreilles. Il faut bien le dire, non loin des 7 laux, Aigleton est le seul endroit véritablement encore vert de ce tour alors que nous sommes mi Juillet. Sans véritable marquage au sol, l’ascension du col est tout simplement splendide tandis que la descente à prendre avec précaution débouchant au lac du Vénétier l’est tout autant.

A partir de là, si la descente est agréable jusqu’au Habert de Aiguebelle, invitant à une pause fraîcheur, la dernière partie sur une piste forestière défoncée fait apparaître quelques douleurs aux genoux.

La chaleur y est certainement pour quelque chose, j’ai beau avoir bu 3 litres d’eau dans la journée, la gorge est toujours sèche. A notre retour à la voiture, le thermomètre indique 33°C et ce à 1300m. Oui il a fait très chaud. Cette randonnée par temps très chaud soulève la question de la pertinence à l’avenir de randonnées avec bivouac en plein été. Sur les 2 jours de cette randonnée bivouac dans le massif de Belledonne, cela allait encore. Mais plus long ? Et avec moins d’eau ?

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ravitaillement_eau