Depuis que j’habite dans la région, j’ai eu le temps d’arpenter les différents sommets de la Chartreuse mais j’avais toujours négligé la Grande Sure en bivouac, un plateau situé dans la partie sud-ouest du massif. D’autant que ce site compte parmi mes premiers bivouacs en 2012 il y a déjà 8 ans. A l’époque randonner en montagne se préparait des semaines en avance depuis mon petit appartement de la région parisienne.

La Grande Sure se voit depuis le Grand Som, le Charmant Som et même Chamechaude mais est relativement isolé. Pour preuve la seule route menant au départ de la randonnée, le col de la Charmette est en cul de sac.

Alors quoi de mieux que d’un retour à la Grande Sure avec sa compagne pour un week-end randonnée bivouac ? Le départ est depuis le Charmant Som pour prolonger un peu le plaisir mais aussi parce que la route pour venir au col de la Charmette nous imposait un détour.

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En ce jour de printemps, quelque soit le parking il ne peut qu’être plein. Les “gens de la ville”, cible idéal pour rejeter notre frustration de ce manque de liberté, se ruent sur les sentiers depuis le début du déconfinement. Mais on constate aussi qu’ils importent le mode de vie individualiste avec de l’impatience, un mépris de l’autre alors que le milieu de la montagne par son caractère rude, demande plutôt l’attention des autres par la politesse et la bienveillance.

De toute façon, quand on regarde l’état des sentiers autour de la Grande Sure, il ne fait grand doute que même sans le confinement, le site reste très fréquenté par sa position aisément accessible depuis la vallée grenobloise. La Grande Sure offre plusieurs choix de parcours en boucle, une belle randonnée à la journée partirait du col de la Charmette pour ensuite transiter au col de la Vache, La Grande Sure, col d’Hurtières par le sentier des balcons, et enfin le retour par Vararey.

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Après être redescendu délicatement du sommet de la Grande Sure, dès lors que l’on quitte le col de la Vache et de l’autoroute col de la Charmette – Grande Sure, le sentiment de tranquillité s’offre à nous. Pour le bivouac, une bonne option est de ne pas se rapprocher plus que cela du refuge non gardé des Hurtières pour rester en hauteur et se laisser aller à la contemplation. Une source d’eau pas loin, les crêtes en vue et malgré une installation en pente, les conditions sont réunies pour un beau bivouac dans la Chartreuse.

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D’autant plus que partant l’esprit léger pour juste deux jours, nous n’avions pas emporté exclusivement de la nourriture sèche mais aussi fruits, sauce tomate, huile d’olive et un brownie avec de la crème de sésame à la place du beurre. Au niveau nutritionnel, le cocktail s’avère séduisant:  au niveau goût, c’est bon, plus dense et au niveau texture, il ne se casse pas. Je n’ai aucun doute quant au fait que ce brownie saura être apprécié pour ces raisons lors d’une aventure nécessitant une grande autonomie alimentaire: 480kcal/100g selon mes calculs. D’autres recettes comme les sablés au tahiné conviennent très bien pour un usage rando.

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Venir à la Grande Sure en plein printemps apporte indéniablement aux yeux son lot de plaisir avec la floraison des orchidées, pensées sauvages, boutons d’or, ail des ours, gentianes et que sais-je encore. C’est aussi se rendre compte de la proximité du Vercors, c’est constater que la Grande Sure domine la plaine jusqu’au Rhône, c’est constater que le monde sauvage continue avec le son strident des marmottes et le bêlement de bouquetins à se méprendre d’avoir entendu des chèvres.

Enfin, ce bivouac en Chartreuse  est assurément un bon bol d’air.

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