Avec ses 1825m, la Croix du Léat est une randonnée classique du massif de Belledonne mais si l’on rajoute un coucher de soleil et une nuit au chalet du Bout, on atteint alors une très belle micro aventure. D’autant plus si elle est réalisée dans des conditions hivernales.


Détails pratiques

  • Distance: 8 km
  • Dénivelé: 700m
  • Durée: 1/2 journée en temps normal. Mais pour ce coucher de soleil hivernal, une nuit au chalet du Bout n’est pas de trop
  • Difficulté: Aucune à part quelques pentes raides face Nord de la Croix du Léat (en raquettes)
  • Cartographie: IGN 3433OT “Allevard”
  • Départ/Arrivée et accès: Parking de la Bourgeat Noire, voiture obligatoire. Attention la route peut être difficilement praticable en hiver, pneus neige et conduite sûre impératifs

Si la randonnée est envisagée lors de la saison estivale, vous pouvez envisager de faire une boucle depuis la Bourgeat Noire. Prenez le parcours dans le sens de la montée et une fois à la Croix du Léat, continuez en direction du refuge de l’Oule pour ensuite revenir au parking initial. En cas de conditions hivernales, attendez bien que les pentes aient purgé histoire de limiter les risques d’avalanches. Au cas où, n’hésitez pas à vous tourner vers une autre rando raquettes dans Belledonne.

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La Croix du Léat, un grand classique du massif de Belledonne

Il y a deux manières d’aborder la Croix du Léat en raquettes, soit par Gleyzin et le parking de la Bourgeat Noire ou alors par le Grand Thiervoz sur la route menant à Fond de France. Si je choisis systématiquement la première option, son accès peut être compliqué en Hiver, étant donné l’étroitesse de la toute petite route entre Pinsot et Gleyzin. En Hiver, il est nécessaire de s’assurer des conditions de circulation et également avoir l’habitude de rouler sur la neige. Tandis que l’accès au Grand Thiervoz pose en principe moins de difficultés.

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Depuis la Bourgeat Noire, le parcours est en grande partie en forêt et il faut environ une heure pour arriver au chalet du Bout dans une clairière offrant le loisir d’admirer le cirque de Gleyzin et notamment le Grand Morétan.

Nous en profitons pour déposer une partie de nos affaires en vue de la prochaine nuit.

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Photo prise au printemps 2021

Jusqu’à présent, si la trace à faire en raquettes semblait évidente à travers la piste forestière cabossée dans la forêt, à partir de maintenant il vaut mieux qu’une trace soit déjà faite notamment à l’intersection où on s’engage sur la gauche. Sans trace, il peut être compliqué de se frayer un chemin dans l’épaisse forêt, le GPS peut être alors utile.

Je vous conseille d’abord de vous diriger d’abord au lac du Léat, 100m en dessous de la Croix. Les abords du lac offrent déjà une vue splendide et ce n’est pas pour rien si c’est un spot de bivouac bien connu.

On peut également remarquer le chalet du Léat donnant sur le lac et reconstruit il y a 20 ans. Dotée d’une excellente isolation et d’un niveau d’équipement c’est un refuge confortable pour passer une bonne nuit. On peut noter que le terrain autour du chalet est privé et appartient à la famille de Hippolyte Chassande Baroz. Je vous invite à consulter sa fiche sur refuges.info.

Tout mignon qu’il est, il aurait pu être l’office pour notre nuit en refuge, cependant nous n’aimons pas tellement être en “troupeau” c’est principalement cette raison qui nous a fait choisir le chalet du Bout pour la nuit.

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photo prise au printemps 2021

A partir du lac, il reste environ 100m de dénivelé à grimper dans un petit chemin sinueux. L’arrivée à la Croix du Léat marque également les retrouvailles avec le vent quelque soit sa provenance. En effet, ici la vue est à 360°, à l’ouest la Chartreuse, au nord, la cluse de Savoie et les Bauges autre massif idéal pour une rando raquette, au sud, le massif des 7 laux, et à l’Est le massif d’Allevard et le Grand Morétan.

Coucher de soleil à la Croix du Léat

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Connaissant bien le profil du versant Nord de la Croix du Léat, je préfère m’avancer quelque peu sur le chemin du retour avec les raquettes jusqu’à aborder une pente plus douce afin d’écarter tout risque de glissade notamment si la neige devait se durcir avec la baisse des températures suite au coucher du soleil.

Rien ne sert d’arriver trop tôt aux couchers de soleil, ils ne deviennent intéressant réellement que 10 minutes avant. Avant de partir, bien vérifier l’heure sur le calendrier solaire ou sur l’application pour smartphone LightTrac afin d’ajuster le timing de la randonnée. J’ai déjà du courir pour arriver à l’heure. Ce soir, il fait grand beau, sans nuages et la vallée est sous les nuages bas, ce qui donne la sensation de flotter au dessus du monde.

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Avec la disparition du soleil, les tonalités changent rapidement passant de l’orange, au rose puis au violet, notamment vers le Nord et l’Est vers les Bauges et le massif d’Allevard (Grand Morétan, Grandes Lanches, Grandes Lanches). Le Sud et l’Ouest (massif des 7 laux, Grand Rocher, Dent de Crolles, Chamechaude) restent orangés longtemps mais l’intensité de la lumière bouche les premiers plans à l’ombre.

La température refroidit rapidement, il est temps maintenant de redescendre à la lueur de nos frontales vers le chalet du Bout.

Nuit au chalet du Bout

La nuit noire est tombée à notre retour au Chalet du Bout dont s’échappe de la fumée. Bien que nous pourrions rentrer facilement au parking en une heure, nous souhaitons tester notre équipement pour une nuit froide et sortir un peu de notre cocon quotidien. Le chalet dispose de quatre couchages, est bien équipé avec une table, quelques ustensiles et un poêle asthmatique. Cependant la fiche info du chalet indique que le poêle marche nettement mieux dorénavant. Quatre belges sont arrivés entre-temps, deux d’entre dormiront par terre.

L’épaisse couche de neige ayant recouvert la source d’eau, il faut faire de l’eau en faisant fondre la neige. Avoir plusieurs gourdes en aluminium ou inox s’avère bien pratique le temps de faire refroidir l’eau. Avant de faire fondre la neige dans la popote ne pas oublier de laisser un fond d’eau, sinon le fond de la popote appréciera moyennement.

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Tandis que le groupe des quatre belges se prépare pour manger une fondue au Mont Dore, nous avalons rapidement notre classique plat de pates-pesto maison tout en poursuivant une discussion agréable. Du fait de la pleine lune, se rendre dehors sans frontale est tout à fait possible. Le froid sec n’est pas tellement perceptible et j’en profite pour faire quelques photos de nuit, cependant il a du mal à avoir une bonne visée de nuit.

Le réveil est matinal, il ne nous reste plus qu’une petite heure pour rentrer à la voiture. Bien que nous ayons été six à dormir, je ressors de cette expérience réconcilié avec l’idée de dormir en refuge non gardé, en cabane. La différence de température est palpable, le hameau de Gleyzin ne voit jamais le soleil en plein Hiver, par conséquent les températures ne se réchauffent jamais vraiment, il y fait même plus froid qu’au chalet du Bout pourtant plus haut, à 1400m.

Cette nuit en cabane nous a conforté dans le choix de notre équipement hivernal: nous sommes bien dotés pour affronter des nuits froides à l’abri. Margaux ne s’est pas plainte du froid tandis que je n’aurai pas été contre des pieds plus au chaud. Pour être plus confortable, vous pouvez également passer la nuit dans un chalet perdu en montagne chauffé.