Vous adorez vous évader sur des itinéraires de bikepacking, gravel ou cyclotourisme dans les Alpes françaises avec votre matériel de bivouac et vos sacoches de vélo pleines. Je vous propose de lire mon récit d’une partie des P’tites routes du soleil. Cette traversée des Alpes du Sud à vélo avec bivouac relie Sisteron à Vence en 5 jours et affronte plusieurs cols de montagne en pleine nature.
Mon parcours suit une partie de la trace complète des P’tites routes du Soleil, en alternative à la Route des Grandes Alpes. De Sisteron à Vence, il traverse les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes à travers les Préalpes de Digne, le Verdon et les Préalpes d’Azur.
Les espaces sauvages favorisent la présence d’emplacements de bivouac, mais rendent nécessaire une autonomie alimentaire. Je développe également des moyens de prolonger cette traversée des Alpes plus au nord : vers la Durance à vélo ou entre Die et Annecy. Allez, c’est parti, découvrez mon témoignage de cycliste sur cette traversée des Alpes à vélo en bivouac.
- Détails pratiques et carte des P’tites routes du Soleil entre Sisteron et Vence
- Mon parcours cyclotourisme en Provence, une alternative à la route des Grandes Alpes
- Étape 1 : De Sisteron à Thoard, départ de ce voyage à vélo dans les Alpes
- Étape 2 : De Thoard à Tartonne, les Préalpes de Digne à vélo
- Étape 3 : De Tartonne à Soleilhas, plus belle étape dans les Alpes-de-Haute-Provence
- Étape 4 : De Soleilhas aux Ferres, l’entrée dans le parc des Préalpes d’Azur
- Étape 5 : Des Ferres à Vence, l’arrivée à proximité de Nice et la mer Méditerranée
- Où dormir pendant cette traversée des Alpes à vélo ? Étapes, hébergements, campings
- D’autres itinéraires vélo pour compléter la traversée des Préalpes à vélo
- Foire aux questions pour faire du cyclotourisme dans les Alpes du sud
Détails pratiques et carte des P’tites routes du Soleil entre Sisteron et Vence
On peut penser que la Route des Grandes Alpes à vélo constitue le seul parcours vélo pour traverser les Alpes du nord au sud. Cet itinéraire cyclable est exigeant physiquement et non recommandé pour les vélos de randonnée. De nombreuses voitures empruntent ces cols.
Quelle est la différence entre la route des Grandes Alpes et les P’tites routes du soleil ?
➡️ Route des Grandes Alpes : pour les cyclistes sportifs. L’itinéraire court de Thonon-les-Bains à Nice par les grands cols alpins prestigieux comme le col du Galibier, le col de l’Izoard et sur des routes fréquentées par de nombreux touristes. Les ascensions conviennent moins aux randonneurs à vélo par leur difficulté et constituent un défi sportif.
➡️ P’tites routes du soleil : pour les voyageurs à vélo en quête d’évasion en moyenne montagne dans les Alpes. Les points de départ et d’arrivée sont les mêmes mais le parcours va chercher les cols des Préalpes plus confidentiels et moins difficiles. Les paysages sont plus sauvages et invitent vraiment au voyage
Les P’tites routes du Soleil se présentent comme une alternative confidentielle avec des ascensions de cols plus adaptés au cyclotourisme. Dans les faits, il court de Thonon-les-Bains jusqu’à Nice et transite notamment par la Chartreuse, le Vercors, les Baronnies-de-Provence et les Pré-alpes de Digne. Bien que l’itinéraire cyclable porte un nom, dans la pratique, aucun balisage ne répertorie les routes à emprunter. J’ai eu le privilège de l’arpenter entre Sisteron et Vence sur 5 étapes qui peuvent se transformer en 4 étapes. J’ai volontairement évité de me rendre à Nice, la cohabitation avec les automobilistes s’avère épouvantable.
Les routes souvent désertes et les cols empruntés, comme Fontbelle, Corobin, du Défens et de Saint-Barnabé, apportent un sentiment d’aventure palpable. J’ai adoré ce petit voyage à vélo en montagne et compte prolonger cet itinéraire plus au nord entre Die et Sisteron.

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Jour 1
Sisteron à Thoard : 39 km
Jour 2
Thoard à Tartonne : 66 km
Jour 3
Tartonne à Soleilhas : 73 km
Jour 4
Soleilhas aux Ferres : 58 km
Jour 3
Les Ferres à Vence : 34 km
- Difficulté : Montagnes russes avec des ascensions de cols aux pentes souvent modérées. Revêtement de qualité moyenne ; prévoir des plaquettes de frein de bonne qualité et un jeu de rechange.
- Hébergement : Les étapes proposées permettent de camper en bivouac ou camping. Attention, les emplacements peuvent s’avérer difficiles à trouver : sol pas adapté, broussaille, à découvert. Je propose également des hébergements.
- Départ/arrivée et accès : En train à Sisteron (liaision depuis Marseille) ou Nice depuis Vence.
Les routes souvent désertes et les cols empruntés, comme Fontbelle, Corobin, du Défens et de Saint-Barnabé, apportent un sentiment d’aventure palpable. J’ai adoré ce petit voyage à vélo et compte prolonger cet itinéraire plus au nord entre Die et Sisteron.
Le tracé sinueux offre deux variantes possibles pour éviter les ascensions, comme :
Mon parcours cyclotourisme en Provence, une alternative à la route des Grandes Alpes
Je suis parti seul pour cette micro-aventure dans les Alpes du sud au début du mois de mai. Je souhaitais éviter les fortes chaleurs d’été, la foule des grands jours et garder de la flexibilité dans mon parcours en cas de mauvaise météo. Je recommande de sillonner les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes plutôt fin mai et début juin. J’ai affronté plusieurs journées à la météo capricieuse et parfois eu du mal à bien me couvrir face au froid accompagné de vent.
Les étapes que je propose permettent de mieux répartir les distances quotidiennes et de se rapprocher d’hébergements. Les grands espaces permettent l’installation d’un bivouac, souvent près d’un chemin forestier. Le sol rocailleux et sec limite les emplacements possibles, sauf en montagne à plus de 1200 m.
Règles de courtoisie en bivouac
J’en parle souvent sur ce blog, mais gardez à l’esprit qu’un bivouac s’accompagne du respect des lieux et de ses habitants. On parle discrètement, on ne jette rien, on ne fume pas, ni de feu de camp et on laisse tranquille les animaux sauvages. Pour plus de détails, consultez les règlementations pour le bivouac en vigueur dans les parcs nationaux.





Étape 1 : De Sisteron à Thoard, départ de ce voyage à vélo dans les Alpes
La citadelle de Sisteron, classée monument historique, domine la vallée de la Durance et forme un beau cadre pour un départ de voyage à vélo. Elle servait autrefois de guet sur les routes des Alpes à la mer Méditerranée, notamment sur la route Napoléon de Grenoble à Nice. À son pied face au rocher de la Baume et ses impressionnantes stries calcaires photogéniques, la trace GPS traverse le pont et entreprend de suite la première ascension.

Parvenir au col de Fontbelle demande 26 km d’effort, majoritairement en pentes douces. Les premiers kilomètres proposent des pourcentages autour de 6 %. L’effort reste modéré malgré l’exposition au soleil favorisée par la garrigue à une végétation basse. La route approche de près le défilé de la Pierre Écrite, des inscriptions dans la roche qui datent de l’époque gallo-romaine. Saint-Geniez et Authon constituent les seuls villages traversés à plus de 1000 m. Les points de vue permettent d’observer les formations géologiques calcaires du Géoparc de Haute-Provence.



Une pause au col de Font-Belle, à 1300 m permet de se ressourcer en vue de la descente technique, avec de nombreux virages et parfois sur des pentes raides.
Vérifiez régulièrement l’état de vos freins !
Les descentes rapides, les nombreux virages, épingles à cheveux ansi que le revêtement en mauvais état sollicitent beaucoup les freins, notamment la délicate descente du col de Corobin. Actionnez bien les freins avant et arrière en alternance tout en espaçant les coups pour éviter de trop chauffer les jantes ou disques. Et pour cause, j’ai changé mes patins de freins en bas ! Éloignez-vous de la bordure de la route pour disposer d’une meilleure marge de manoeuvre en cas de nids de poule ou autre. Les voitures, rares, attendront bien.
Étape 2 : De Thoard à Tartonne, les Préalpes de Digne à vélo
Le tracé me fait quitter rapidement la vallée de la Duyes pour me diriger vers le col du pas de Bonnet. La route mène directement à Digne-les-Bains, la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, et se conclut par un interminable faubourg vers le centre-ville. Heureusement, une bande cyclable permet d’éviter, en bonne partie, la circulation automobile chargée.
Pour se diriger vers le col de Corobin, les panneaux qui annoncent les thermes de la ville mènent dans la bonne direction. Il reste possible de se diriger vers Chaudon-Norante directement par la route Napoléon pour éviter l’ascension. Elle se réalise en plusieurs paliers et propose des pentes difficiles sur les deux derniers kilomètres avant le col de Pierre-Basse. Des épingles à cheveux succèdent à une courte descente, avec quelques sections soutenues, mènent au col de Corobin. Des forêts immenses et parsemées de quelques habitations couvrent une large partie du paysage. La descente met en évidence la difficulté de ce versant du col depuis Chaudon-Norante. La pente, les nombreux virages et la chaussée en mauvais état sollicitent les freins et demandent une vigilance constante.

Le village marque les retrouvailles avec la N85 qui sillonne la vallée de l’Asse jusqu’à Barrême. Le village me semble désœuvré, avec de nombreux commerces et hôtels fermés. La route nationale 85 constituait le pilier de la vie économique jusqu’à sa désaffectation. La vallée de l’Asse de Clumanc se présente comme le fil conducteur jusqu’à Tartonne. La route monte progressivement au travers des champs verdoyants qui traduisent la présence de l’eau dans les sols. Les montagnes, parfois enneigées, du massif des Trois-Évêchés se distinguent au loin et je reste ébahi devant l’immensité qui m’est proposée.
Je compte avec les doigts d’une main les maisons encore habitées. Les vastes alpages peuplés de brebis rappellent que je trouve bien en France. Je ne serais guère étonné d’apercevoir des yourtes.



Étape 3 : De Tartonne à Soleilhas, plus belle étape dans les Alpes-de-Haute-Provence
Le col du Défens, qui permet de relier Tartonne à Lambrisse, constitue la première des deux principales ascensions de la journée. Si on peut omettre la présence d’une ferme ou deux, de quelques patous sur la chaussée et de brebis dans les parages, le paysage reste vierge de toute occupation humaine.
Lambrisse se tient fièrement au-dessus de la descente sinueuse.
Je me demande franchement comment ces villages, loin de tout, arrivent encore à retenir ses habitants.
Ils doivent probablement leur salut aux personnes âgées qui rechignent à quitter leur territoire de cœur. À raison si j’en juge la beauté de cette vallée qui mène vers celle de l’Issole.

Une intersection mène à Saint-André-des-Alpes à droite et à Thorame-Basse à gauche. La trace GPS chargée sur mon smartphone m’envoie, avec surprise, à gauche plutôt qu’à droite.
La vallée de l’Issole est une véritable claque visuelle, et je comprends maintenant pourquoi je fais ce détour. Les kilomètres sur un faux plat montant filent dans une grande solitude autour de la montagne de Cordeil. D’autres sommets à plus de 2000 m d’altitude encore enneigés se rapprochent. Le lac des Sagnes marque la fin de l’ascension, environ 3 km avant Thorame-Haute. Des villages différents, mais même constat. Les commerces peinent à subsister encore, et tiennent grâce à des habitués.

Le parcours finit par rejoindre la route du col d’Allos qui domine le Verdon en furie en ce printemps. Je remarque l’existence d’une gare de train : Thorame-Gare, située sur la ligne du train des Pignes entre Nice et Digne-les-Bains, la seule qui ne soit pas gérer par la SNCF.
Ravitaillement impératif !
Saint-André-des-Alpes réunit toutes les commodités nécessaires (boulangerie, café, supermarché) avant de longer le lac du Castillon, en amont d’un barrage de retenue. Faites le plein, vous ne trouverez pas grand-chose jusqu’à l’arrivée.
Le détour à Saint-Julien-du-Verdon, pour son belvédère et son petit port, s’impose pour apprécier la couleur bleu émeraude du lac.


L’ascension du col de Saint-Barnabé s’accompagne de pentes régulières jusqu’à Demandolx le long de la crête de Crémon. Le village domine le confidentiel lac de Chaudanne. Les derniers kilomètres me semblent interminables sur une longue ligne droite jusqu’au point le plus élevé de cette traversée des Alpes à vélo à 1365 m d’altitude. Le paysage change subitement : les forêts de sapins et des alpages font leur apparition. Soleilhas se situe à 3 kilomètres de l’autre côté du col, la descente souvent exposée au vent permet de rejoindre le village rapidement.




Étape 4 : De Soleilhas aux Ferres, l’entrée dans le parc des Préalpes d’Azur
Cette étape, avec un dénivelé réduit, se veut plus douce que les deux précédentes. Les premiers coups de pédale mènent dans les Alpes-Maritimes et le village perché de Saint-Auban. Les maisons colorées, les unes sur les autres, épousent le relief abrupt et un dénivelé de 100 m positif m’attend si je veux m’y rendre. Les pourcentages sévères m’en dissuadent et je préfère m’attarder sur la clue de Saint-Auban.
Briançonnet forme le terme d’une nouvelle montée et un belvédère procure un panorama sur une large partie du parc naturel régional des Préalpes d’Azur. La route descend franchement sur Collongues en dix kilomètres et vient récompenser les efforts de la veille. Les habitations du village se trouvent juchées sur une butte qui domine la vallée du Riou. Le tracé longe la montagne des Miolans avant de pénétrer dans la clue du Riolan avant de déboucher dans la vallée de l’Estéron. Des habitants rencontrés témoignent de leur affection pour ce territoire isolé, mais proche de Nice.
Les touristes se font rares pour découvrir les villages perchés de Sigale, Roquestéron, Conségudes et les Ferres, au terme de cette journée. Et, toujours selon quelques habitants, des touristes, ils n’en veulent pas. Ils seront aussi d’une précieuse aide pour vous trouver un emplacement de bivouac.





Étape 5 : Des Ferres à Vence, l’arrivée à proximité de Nice et la mer Méditerranée
La route contourne le massif montagneux dans le prolongement de la montagne du Cheiron. Une alternance de montées et de descentes m’accompagne jusqu’à un nouveau village perché, Coursegoules. L’ascension du col de Vence prépare l’arrivée : je croise des voitures de luxe et beaucoup de cyclistes en sortie sportive sur ces routes touristiques des Alpes-Maritimes. Je me sens mal à l’aise dans ce décor et regrette presque d’avoir délaissé la route qui filait à Gréolières pour rester dans les montagnes.
J’ai préféré m’arrêter à Vence plutôt que de parvenir à Nice, le point final des P’tites routes du Soleil. La descente du col éponyme me plonge dans un contraste saisissant, entre urbanisation intensive et grands espaces. Vence possède un grand mérite : la vieille ville historique qui témoigne de son implication dans le comté de Provence.

Où dormir pendant cette traversée des Alpes à vélo ? Étapes, hébergements, campings
| Étape | Départ | Arrivée | Distance | Dénivelé | Hébergement | Camping |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Sisteron | Thoard | 39 km | 1020 m | Camping du Moulin de Thoard | Camping du Moulin de Thoard ou bivouac |
| 2 | Thoard | Tartonne | 66 km | 1250 m | Gîte des Robines | Aucun |
| 3 | Tartonne | Soleilhas | 73 km | 1230 m | La Fischaumière | Aucun |
| 4 | Soleilhas | Les Ferres | 58 km | 770 m | Auberge Saint-Michel | Aucun |
| 5 | Les Ferres | Vence | 34 km | 530 m |
D’autres itinéraires vélo pour compléter la traversée des Préalpes à vélo
Comparaison : Le tour de la Chartreuse présente l’intérêt de former une boucle sur des petites routes sans être éloigné de la civilisation.
Comparaison : Le tour du Vercors ressemble à la section des P’tites routes du soleil entre Sisteron et Vence : magnifique !
Comparaison : Les P’tites routes du soleil est plus sauvage mais le tour des Bauges apporte plus de variété (lac d’Annecy, pays dufromage, villes savoyardes).
Comparaison : Le tour du Verdon permet d’approndir des sections des P’tites routes du soleil et reste aussi sauvage sauf en pleine saison touristique.
Si vous souhaitez réaliser une traversée des Préalpes à vélo complète, voici ma proposition :
Départ d’Annecy et la traversée des Bauges
Emprunter les routes du tour des Bauges par le col de Leschaux, Lescheraines et le col des Prés.
60 kilomètres et 1 jour.
La traversée de la Chartreuse
De Chambéry, montez le col du Granier, le col de la Cluse, le col des Égaux avant de rejoindre la vallée de Couz. Vous irez ensuite vers le lac Paladru avant de retrouver la Belle Via à Moirans.
Comptez 100 km et 1 jour et demi.
La traversée du Vercors
Vous affrontez une section plate de Moirans jusqu’à Cognin-les-Gorges. Le col du Mont Noir précède le Royans, puis l’enchaînement redoutable du col de la Machine et de la Bataille. Arrivée à Die par la vallée de la Drôme.
190-200 km et 2 à 3 jours de vélo.
Les P’tites routes du soleil à Die
Vous retrouvez la trace des P’tites routes du soleil – traversée des Alpes à vélo. J’espère rédiger un jour un article sur le parcours qui relie Die à Sisteron à vélo













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