Je me souviens lors d’un premier voyage dans les Pyrénées Orientales, d’être passé au pied du pic du Canigou, l’idée d’une randonnée ascension m’avait alors effleuré l’esprit. Profitant d’un retour dans la région pour une autre randonnée avec un ami, le grand tour des Pérics, je me suis dit que l’occasion  de faire cette randonnée au pic du Canigou ne se représenterait pas de sitôt.


Détails pratiques

  • Distance: 24km
  • Dénivelé: 2100m
  • Durée: 2 journées avec une nuit en bivouac (5h30 pour monter au refuge des Cortalets, 7h pour l’ascension et le retour à Vernet les Bains)
  • Difficulté: aucune, excepté la cheminée depuis la crête Barbet, non exposée, qui nécessite de savoir mettre les mains
  • Départ/Arrivée: Vernet les Bains, au cimetière précisément. La gare de Villefranche de Conflent est à 6km, un jet d’autostop vous emmène sur place.
  • Cartographie: IGN 2349ET “Massif du Canigou”

Mais pourquoi tant d’attirance pour ce sommet ?

Le pic du Canigou, avec ses 2780m d’altitude, est le premier véritable sommet pyrénéen depuis la Méditerranée et est visible de quasiment partout dans les Pyrénées Oriantelles. Selon les dires d’un ami du cru, elle sert de boussole aux catalans ce qui renforce son appellation de symbole national, à tel point que le massif est classé comme Grands Sites de France. En principe lors de belles journées et si l’on y vient tôt, on peut voir la mer Méditerranée jusqu’au golfe du Lion. Le pic fait même l’objet d’une ascension organisée pour la fête de la Saint Jean, de courses de trail et une variante de la Haute Route des Pyrénées y fait même le détour. Enfin, je me souviens, gamin, du haut de mes 10 ans, d’être venu dans le coin avec ma famille pour approcher l’abbaye de Saint Martin du Canigou.

Avec tous ces arguments, c’est décidé, avant de rejoindre mon ami, je fais un crochet par Vernet les Bains.

final_canigou

Autant de chemins que de randonneurs

Déjà, pour l’anecdote, je n’ai aucune idée du point de départ idéal et il faut m’en remettre à l’expérience de la gardienne du camping à Vernet les Bains pour me décider. Elle me convainc de partir de Vernet les Bains même et il suffit de faire quelques pas en arrière depuis l’entrée du camping pour voir le pic du Canigou se détacher nettement sous mes yeux.

Un gros clin d’oeil !

L’itinéraire démarrant à une altitude d’environ 700m compte un sacré gros dénivelé pour me rendre au sommet à presque 2800m. Seuls les plus sportifs peuvent faire l’aller retour en une journée, c’est assez naturellement que je découpe l’ascension en deux petites journées de marche. L’itinéraire choisi me fait passer du côté du col de Voltes, le refuge des Cortalets, le pic du Canigou par la crête Barbet et la cheminée, pour ensuite redescendre au plus direct vers Vernet les Bains.

Si l’itinéraire vous effraie, notamment le fameux passage de la cheminée, rien ne vous empêche de choisir un autre point de départ, tellement ils sont multiples. Certains partent du col de Jou à 1125m, par le refuge de Mariailles pour un long itinéraire, d’autres partent directement du col de Milleres à 843m pour un tracé plus optimisé par le chemin forestier de Balaig. Par le refuge des Cortalets, vous pouvez éviter la fameuse cheminée en prenant l’ascension directe, en revanche depuis le refuge de Mariailles, vous ne pourrez pas y échapper.

col_voltes

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cheminée_pic_canigou

Cette “fameuse” cheminée est la seule véritable difficulté de l’ascension, en vrai, je considère aussi que le dénivelé conséquent à descendre l’est tout autant pour les genoux.

Bref, cette cheminée n’a rien de spectaculaire, les blocs offrent tous des prises solides, et jamais, mais jamais, le randonneur n’est exposé au vide. Tout au plus, la difficulté est plus d’ordre physique de se hisser en permanence avec un portage sur le dos, cette cheminée est tout de même assez longue. Sans vraiment prévenir, le sommet apparaît tout d’un coup devant les yeux.

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Le récit de l’ascension

La veille au soir de la montée finale, je dors à un emplacement de bivouac au refuge des Cortalets.

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Un super bon point à souligner est la présence de foyers de feux, pour ceux qui ne peuvent s’en passer, enfin l’utilisation des sanitaires est tolérée. Le refuge des Cortalets affiche régulièrement complet, alors que pour le bivouac, il suffit juste d’arriver assez tôt ! En Hiver, la partie hivernale du refuge est toujours accessible pour ce qui serait une chouette randonnée en raquettes ou à ski, si tant est qu’il y ait de la neige ! Ce qui tend à être de moins en moins vrai selon un randonneur avec qui j’ai partagé une bière.

Au matin, le réveil est plus que tardif: le soleil effleure à peine ma tente avec ce ton orangé que je me presse de ranger le tout. Hier de nombreux nuages guettaient le pic du Canigou et j’aimerais éviter cela ce matin. Il me faut vite partir. Exception faite de la cheminée, relatée plus haut, l’accès est facile et les randonneurs se rendent en masse au sommet, toujours fréquenté.

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Il fait beau, oui, il fait beau mais seulement selon les versants observés: par exemple la mer Méditerranée est sous les nuages ! C’est l’exemple parfait pour illustrer le fait que par sa position, le sommet attire vents et nuages ! Selon les randonneurs locaux, grimper le pic du Canigou et avoir l’horizon tout dégagé relève de la chance. Mais de l’autre côté, le Capcir et la Cerdagne sont clairement visibles, je distingue même le pic Carlit un des objectifs de la randonnée avec mon ami. Plus près, je distingue la réserve de Py et les gorges de la Carança.

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ravines
Il ne faut tout de même pas négliger le dénivelé total de cet ascension.

Pour monter en deux journées, tout va bien, pas de surprises, en revanche la descente, selon l’option choisie, est très longue. Le cheminement n’est jamais très pentu mais on ne peut éviter les ravines, souvent encombrées de blocs et d’éboulis, la spécialité locale. Et pour cause, toute pente mène directement au sommet du Canigou ! C’est donc soulagé que j’arrive à la voiture tout en faisant le calcul sur l’empreinte écologique réduite grâce à ce départ au pied !

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