Le tour du Mont Viso en randonnée itinérante.

Il sonne français mais il est bel et bien italien.

Durant l’été 2018 après le tour du Mont Thabor avec mon pote Jérémy, je m’étais mis en tête que notre prochain trek se déroulait autour de ce sommet visible de si loin. L’idée de base était d’explorer à la fois le Queyras et les pentes du Mont Viso.

C’est parti pour le compte rendu pratique en détails du tour du Mont Viso.

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Le gros avantage du tour du Mont Viso est qu’il soit à la carte, tellement il y a de possibilités différentes. Courez vite vous munir de la carte topographique italienne IGC106 “Monviso Valle Varaita Valle Po Valle Pellice” ici ou dans votre magasin de sport de montagne (Vieux Campeur, Montaz sur Chambéry) pour vous rendre compte que vous pouvez y passer de 3 à 6 jours. La frontière française n’étant pas loin, il vous est possible de dessiner un parcours cumulant un bout du Parc Naturel du Queyras (prendre à ce moment là la carte IGN 3637OT) et le tour du Mont Viso.

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Initialement nous étions partis pour cinq journées de marche, raccourcies à quatre en raison du mauvais temps annoncé pour la dernière journée. Après une nuit au camping-roots de Ristolas, nous sommes partis de l’Echalp, un cul de sac encore en France mais tout près de l’Italie. Après avoir franchi le col de la Croix, passé le refuge Jervis, dormi à proximité du refuge Granero sous la pluie et le brouillard nous nous sommes dirigés le lendemain vers le refuge Quintino Sella par le fameux passage frontière de la Traversette et par le refuge Giacolleti (une halte inespérée au coeur de la pluie froide battante)(nombreuses variantes possibles depuis Granero).

La troisième journée nous amena vers le refuge Vallanta toujours dans un jeu de cache-cache avec les nuages, au delà de 2600m une lueur d’espoir vous accompagne pour enfin voir le soleil tandis que la descente vers le vallon de Vallanta s’est fait en compagnie du brouillard. En effet, la Nebbia peut vous gâcher la vie durant ce trek, pourtant magnifique si l’on prend la peine de bien apprécier les contrastes climatiques.

La quatrième journée était censée nous amener aux environs du col Agnel, en France pour terminer en beauté le lendemain avec l’ascension du Pain de Sucre et rentrer à l’Echalp par le GR58. Les prévisions météorologiques s’annonçant mauvaises, nous avons préféré écouter au plus rapide notre trek en rentrant directement à l’Echalp. Il faut savoir qu’à mi parcours de cette journée, au point 2007, en récupérant la route du col Agnel versant italien, vous pouvez choisir de basculer côté français, soit à proximité du col Agnel (nous avons coupé court pour filer vers le col Vieux en hors piste), soit par le col de la Cavale et le col de Chamoussière pour être au pied du pic de Caramantran.

Vaste programme, c’est ce qui fait une des forces de ce trek.

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C’est bien chargés avec six jours de victuailles dans les sacs à dos que nous entreprîmes ce trek, sans nous attendre à cette météo disons le capricieuse. Venir autour du Mont Viso, en toute saison rend impératif un bon équipement et des protections thermiques contre le froid et l’humidité efficaces. A la fois nous avons eu chaud (pour une mi-septembre) aussi bien que froid un matin alors qu’il fallait ranger le bivouac par un vent glacial et une humidité à rendre violets mes pauvres doigts. Au moins, ranger la tente gelée était plus simple que lors des autres bivouacs ou celle-ci était systématiquement gorgée d’eau. Nous en avons eu de la pluie, nous en avons eu du brouillard et encore du froid en descendant la Traversette, aux environs de 2900m d’altitude, couvert côté italien et entièrement dégagé côté français.

Cette météo a bien éprouvé notre patience et nos nerfs mais néanmoins a été le moteur de ce trek. Sans cette météo, il n’y aurait pas eu la même saveur, à profiter des paysages dégagés au delà de 2600m, il n’y aurait pas non plus eu tout ce contraste et cet effet de surprise lorsqu’un coup de vent brusque chassait les nuages pour faire découvrir le ciel durant quelques instants.

Nous avons systématiquement bivouaqué, toujours près des refuges pour être assuré d’avoir de l’eau et aussi parce que l’ambiance très montagneuse rendait compliquée une installation au petit bonheur la chance. Assurez vous de demander au chef de refuge sur les emplacements réservés au bivouac, nous avons eu un quiproquos à ce sujet au refuge Quitino Sella. Nous restons sur une impression très agréable de l’accueil au refuge Giacoletti, sous une pluie battante, le temps d’un casse-croûte-café.

Continuons sur les modalités d’un trek en autonomie avec l’eau: vous en trouverez souvent: que cela soit des rivières, des torrents ou à proximité des nombreux refuges, aucun soucis de ce côté là. Les refuges permettent de s’alimenter, toutefois je n’ai pas remarqué de snack.

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Que retenir du reste ? Les photos et la vidéo parlent d’elles-même. D’un décor de haute montagne à haute altitude (nous avons passé une journée entière à + de 2200m), avec des éboulis, de la caillasse à ne plus savoir quoi en faire, à des parois abruptes qui s’effondrent sous l’effet du changement climatique, aux alpages de moyenne altitude, en passant par les lacs, la beauté de certains refuges et la solitude de vallons. Je garde personnellement en souvenir le sentier escarpé entre la Traversette et le refuge Giacoletti (V16-V21-V19 sur la carte italienne) avec un passage très raide comme je n’en ai rarement vu. Très éprouvant le long d’un torrent mais heureusement récompensé par l’arrivée au refuge. Je ne conseille pas cette section dans le sens de la descente.

En résumé, le tour du Mont Viso est un agréable challenge, un magnifique et contrasté trek entre France et Italie

A votre tour, prêt pour l’aventure ?

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