J’ai un vieux rêve depuis fort longtemps: celui de faire une traversée à ski en Laponie. Pour cela il me fallait tester une nouvelle discipline: le ski de randonnée nordique. Les hauts plateaux du Vercors sont le décor idéal pour se croire … en Laponie justement. Revue de détail avec 3 itinéraires


Depuis plusieurs années, j’ai dans l’idée de faire des itinérances en ski de randonnée nordique, discipline idéale pour affronter le Vercors. Bien que ma pratique du ski me permette d’être à l’aise sur des pistes que cela soit en alpin ou en nordique, je n’avais jamais franchi le pas du hors piste.

Quoi de mieux alors que d’explorer une nouvelle fois les hauts plateaux du Vercors, cette fois en ski de randonnée nordique, l’un des terrains de jeux en France permettant au mieux l’expression de cette discipline.

Grand Veymont
Vercors

1. Depuis le col de Menée: ascension de la Montagnette

Pour cette sortie de deux jours avec Matthieu, nous louons les skis de randonnée nordique auprès de Grillet Sport à Gresse en Vercors. Rien à redire sur la prestation, 40€ pour deux jours de location avec tout le matériel, peaux de phoque inclus. La seule contrainte est qu’il faille s’y rendre à 9h pour prendre les skis et ensuite faire la route pour se rendre au col de Menée.

Cela fait un démarrage assez tardif, en effet dans cette partie Est du Vercors, tous les passages vers les hauts plateaux sont déconseillés à ski. Avec du recul, ce choix n’est pas l’idéal, nous avons souvent été en lutte avec la neige croûtée et des devers, notre progression a été lente. Le plus sage en effet est de partir du vallon de Combau comme lors de notre bivouac hivernal l’année d’avant. C’est vraiment le seul lieu de départ régulièrement praticable.

Vercors sud

Vercors et Dévoluy

Pour ces deux jours, les conditions météo sont résolument hivernales, jamais nous avons été exposés si longuement à des températures négatives, jusqu’à -20°C au petit matin à notre réveil depuis la cabane de l’Essaure. Mathieu a bien tenté de faire un feu, impossible de le faire démarrer, heureusement que nos sacs de couchage nous ont assuré une couverture chaude pour la nuit. Cette sortie hivernale a mis en exergue les améliorations à apporter à mon équipement: globalement je n’ai pas eu l’impression d’avoir souffert, mais plus de confort aurait été bienvenu: thermos, couverture de survie plus épaisse, doudoune en plume. En revanche de retour à la voiture, toujours sous un grand froid, nous avons été pris d’une très grande fatigue.

Quant à la randonnée en elle-même, elle avait pour point d’orgue le sommet de la Montagnette. Si depuis sa face sud-est, l’ascension semble périlleuse, le simple fait de contourner par le Nord permet d’affronter des pentes douces aussi bien à la montée qu’à la descente.

Sommet_montagnette

Après une pause au sommet sous les nuages, la descente fut un pur moment de bonheur dans tout cet espace immaculé de blanc et un pas de plus vers la concrétisation d’un vieux rêve: un raid à ski en Laponie.

Le choix des skis aux lignes de côte assurant une bonne polyvalence (68mm de largeur à la semelle) avec des chaussures rigides Scarpa T4 donnent une bonne sérénité pour déclencher et tenir les virages dans la descente avec les talons libres. Les montées par contre, avec cette neige nécessitent l’utilisation des peaux. Pour peu que le relief soit coupé de petits vallons, il n’est pas rare de procéder à de multiples arrêts pour enlever/remettre les peaux. Le ski de randonnée nordique est une discipline qui s’apprivoise avec de la pratique malgré une approche d’apparence facile et encore plus qu’ailleurs, dans le Vercors, évoluer au gré de la semelle de ski demande une grande technicité.

2. Depuis le plateau de Beure: traversée est-ouest vers les Aiguillettes

La sortie pourtant sur le papier est alléchante: depuis le parking du plateau de Beure à proximité du col du Rousset, il s’agit de rejoindre une nouvelle fois les hauts plateaux du Vercors avec un ami, un autre Mathieu, qui lui a choisi de rester sur des skis de randonnée typé alpin. Le point final de notre sortie est de rejoindre les Aiguillettes au sud du Grand Veymont avant de dormir à la cabane de Pré Peyret et de rentrer le lendemain.

Rétrospectivement, cette sortie est mon initiation au ski de randonnée nordique. J’ai loué les skis la veille à la Féclaz et cela ne sera pas à refaire. Pour louer des skis, passez par des professionnels à proximité de là ou vous allez skier, ils vous proposeront un matériel adéquat. De plus, les peaux de phoque ne sont pas fournis et le gérant du magasin ne semble pas connaître leur existence.

Dès les premières pentes, sur la neige gelée, je comprends que les deux journées vont être difficiles. En effet, pouvoir monter une pente douce avec des skis à écailles nécessite une très bonne coordination du corps pour être efficace et ne pas reculer. Chose difficile lorsqu’on est débutant dans la discipline et de plus chargé.

Heureusement, des portions de plat permettent à la glisse des skis de s’exprimer mais dès lors que la neige change ou qu’une descente s’amorce, le calvaire revient: manœuvrer ces skis en descente est très délicat: avez-vous déjà essayé de tourner avec des skis de fond ?

Les peaux de phoque ont vraiment manqué lorsqu’il fallait repartir le lendemain matin, après une nuit dans la cabane de Pré Peyret sous 40 cm de neige fraîche. Il m’a fallu une heure pour me sortir de la poudreuse sur 500m de pente en colline.

Traces de ski

Néanmoins je retiens le caractère positif de cette expérience en tirant cette leçon: bien choisir le matériel adéquat avant de partir. Car les paysages, l’ambiance donnaient vraiment un côté somptueux, hivernal à cette sortie. Enfin même si je n’aime pas me mêler à la foule, il était inévitable, lorsqu’on est en pleine vacances scolaires, d’y être confronté notamment dans la célèbre et fréquentée cabane de Pré Peyret.

3. Boucle sur les Hauts plateaux du Vercors depuis le vallon de Combau

La boucle depuis le parking du Vallon de Combau que je vous propose est une reprise d’une randonnée en raquettes effectuée pour un bivouac hivernal. Le parcours est de toute beauté et contient une partie en commun avec le dernier parcours présenté. Il est également possible de grimper la Montagnette mais si l’on inclut toute la partie vers la Tête Chevalière et le refuge de Chaumailloux, cela fait deux grosses journées de ski.

Quoiqu’il en soit, venez par temps clair, car la navigation sur les hauts plateaux en l’absence de repère est vite paumatoire du moment que l’on s’éloigne des sommets.

Ailleurs dans le Vercors

Pour peu que la neige soit en quantité suffisante, ce qui était le cas de l’Hiver 2018, tout le plateau s’offre à vous et les excursions sur plusieurs jours offrent de nombreux choix pour peu que vous soyez capables de faire de l’eau. Il est possible que je mette sur le blog un article concernant une partie peu visitée des Hauts plateaux, celle entre la Croix du Lautaret et Glandasse. Ici pas de cabane, rien, que du no man’s land. Pour trouver des topos je vous conseille ce site.

Alors à vous d’essayer le ski de randonnée nordique sur le Vercors !