Dans ma pratique des activités de plein air, j’ai eu l’occasion de pouvoir aborder le canoë lors d’une descente des gorges de l’Ardèche, considérée comme un des parcours les plus agréables à réaliser. Depuis j’avais en tête de remettre cela, et étant donné que Margaux est comme un poisson dans l’eau c’est tout naturellement que nous nous sommes tournés vers une randonnée en canoe depuis Pont d’Ain sur la rivière du même nom lors de cet été caniculaire.

Afin d’expérimenter notre pratique de l’autonomie sur l’eau, nous nous sommes dirigés vers Pont d’Ain pour deux jours d’embarcation en canoë.

Note: les photos ont été prises avec un autre APN que celui habituel, en effet, il manquait de la place dans le bidon étanche

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11h30, le rendez-vous est honoré à la base nautique de Pont d’Ain. En effet, nous partons tardivement en cette matinée puisque notre parcours de 35 km entre Poncin et Pont de Chazey se fait aisément en deux demi-journées. Nous passerons la nuit dans un camping entre ces deux demi journées.

Le parcours peut se faire en une journée, mais elle sera une épreuve de patience pour peu que le courant soit faible, à pagayer du matin au soir. Notre volonté est de se faire un petit parcours pour tester le voyage sur l’eau. C’est ainsi que nous avons placé tout notre barda dans un bidon étanche de 55L, ce qui a valu à ce que mon appareil photo soit sacrifié par manque de place. En résumé, pour deux personnes en autonomie, 55L de contenant est trop juste.

Un bus nous emmène jusqu’à Poncin, le départ de notre embarcation. Dès les premiers coups de pagaie, le calme de la rivière se fait sentir, non seulement sonore mais aussi par son courant. Le niveau d’eau est bas, si bien que l’on a facilement pied, mais aussi il est nécessaire de naviguer au gré des bancs pour éviter d’être stoppé net. Il ne nous est pas nécessaire de ranger nos appareils auditifs respectifs, ce qui améliore le plaisir. Naviguer en étant sourd, ce n’est juste pas possible, aucun plaisir.

Le parcours se décompose en deux parties: la première plus active avec trois barrages à franchir, deux en toboggan et le dernier à pied. Quelques petites rapides me rappelle le parcours ludique des gorges de l’Ardèche. Ensuite une fois franchie Pont d’Ain, c’est le calme plat sur le canoë! Il ne reste plus qu’à muscler les bras pour avancer, car ce n’est pas la force du courant qui le fera à notre place ! Mécaniquement, cette lenteur vous laisse contempler le paysage plus sauvage que dans la première partie ainsi que des envies de navigation sur l’Allier, la Dordogne réputés pour être des rivières très agréables à naviguer sur une semaine, naissent.

Naviguer en canoë en couple nécessite une bonne coordination pour diriger l’embarcation dans le bon sens, c’est un excellent test de solidité du couple. Quelques réglages ont été nécessaires pour s’accorder sur le bon usage des termes “gauche”, “droite”, “avant” et “arrière” car selon la perception mentale de chacun, “avant” peut signifier marche en avant ou alors les pagaies vers l’avant.

Spoiler alert: l’esprit le plus cartésien n’est pas celui qu’on pourrait imaginer ^^

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La halte au camping de l’Escapade est salutaire malgré le temps pluvieux du soir. Elle permet de couper l’effort en deux, le courant faible nécessite de beaucoup ramer et malgré l’aspect sauvage, la monotonie du paysage altère facilement mes envies d’avancer. L’abordage de la plage du camping est relativement simple, situé juste avant un pont, rien n’empêche alors de sortir tranquillement du canoë pour le sortir de l’eau.

Il est vrai qu’il est néanmoins possible théoriquement de bivouaquer sur les berges de l’Ain, les emplacements sont facilement visibles, mais jamais vraiment éloignés de routes, ce qui occulte le caractère paisible du bivouac que l’on recherche. Mais il faut aussi prendre en compte le fait que l’Ain est une rivière pilotée par des barrages et qu’il est possible qu’il y ait une brusque montée des eaux, raison pour laquelle j’en avais déduis que le bivouac est interdit.

Après cette expérience concluante de navigation en couple, l’idée pourrait être de retenter une expérience similaire avec chacun ayant son propre canoë histoire de rester libre de ses mouvements et de vraiment pouvoir voir la personne en non pas d’être derrière l’un ou l’autre. Cela dit, garder un biplace comporte aussi ses avantages comme celui de pouvoir se reposer de temps en temps mais aussi d’unir les forces pour un même objectif. J’avoue ne pas vraiment avoir d’objectif tranché, cependant si un jour nous investissons dans un canoë gonflable, il faudra bien le choisir.

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