La Drôme est une rivière naturelle sur laquelle aucune installation hydroélectrique ne vient entraver le cours, elle se prête naturellement à la pratique du canoë kayak. Nous nous lançons à l’assaut d’une descente partielle sur deux jours à défaut de la Grande Descente.


Ma première expérience en canoë kayak s’est déroulée dans les incontournables gorges de l’Ardèche, puis avec ma compagne nous avions fait un premier round d’essai en biplace sur l’Ain, une petite rivière tranquille avant d’emprunter le kayak biplace d’une amie pour une journée sur le lac d’Aiguebelette.

Nous souhaitions continuer notre apprentissage des sports d’eaux vives, quand bien même je ne suis pas un grand fana de l’eau, tout simplement car je dois enlever mon appareil auditif. Le canoë sonne comme un sport d’eau tout en compromis. C’est en toute logique que nous nous retrouvons sur ce parcours canoë de 34 km entre Sainte Croix et Crest dans la Drôme, à environ 3h de route de la maison.

A noter que la base nautique est à Saillans, village desservie par le train. Mieux encore, le camping n’est à quelques centaines de mètres de marche de la gare et non loin non plus de la base nautique. Cette descente en canoë est donc accessible en train, il faudra bien organiser son déplacement, bien choisir son camping et gérer son équipement.

Focus sur le parcours et la location Canoë Drôme

Nous sommes passés par le prestataire Canoë Drôme qui propose plusieurs parcours 2 jours:

  • 33 km entre Pont de Quart et Saillans
  • 34 km entre Sainte Croix et Crest
  • 49 km entre Pont de Quart et Crest

Malheureusement, en ce printemps 2022 très sec, la rivière a un mois d’avance sur le niveau de cours d’eau habituel, seul le parcours de 34 km est praticable. On reste tout de même en partie sur le haut du parcours très sauvage, avec de nombreux rapides (classe 2 maximum) jusqu’à Espenel à partir duquel, le cours d’eau est plus profond avec moins de rapides. Un bidon étanche de 50L est fourni pour transporter vos affaires. De nombreux campings jalonnent le parcours, voir la liste dans ce fichier PDF.

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Notre expérience de canoë sur la Drôme


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Le gros point positif du loueur est qu’il semble bien organisé: en l’espace de quelques minutes, nous récupérons nos gilets de sauvetage et retournons à notre camping. En effet, la prestation inclut la récupération et la dépose des clients à leur camping, ce qui est fort pratique, puisque le bidon étanche de 50l fourni pour deux ne sera pas limitant pour transporter nos affaires. Le minibus nous emmène en quelques dizaines de minutes au départ du parcours à Sainte Croix depuis lequel le massif du Vercors commence à montrer ses impressionnantes falaises.

Si le niveau d’eau n’était pas aussi bas et le haut du parcours ouvert, partir du pied de Glandasse et ses 2041m aurait été un parcours de la montagne à la plaine.

Littéralement.





Il nous a été conseillé d’avoir chacun notre embarcation afin de faciliter la navigation en raison du faible niveau d’eau. C’est une révélation pour nous deux, on préfère largement le monoplace au biplace. Bonus: les problèmes de communication au moins sont réglées !

La Drôme est une rivière non domestiquée, le niveau de l’eau est fonction des pluies. Le débit peut être très faible comme en témoigne cette page sur les conditions de navigation: 0,80 m3/S au plus bas en août 2017 et à l’inverse 292 m3/s en février 2019. Ces fluctuations de débit occasionnent un lit de rivière bien plus large que le cours d’eau au moment de notre navigation, tout en sachant que le printemps est bien plus sec que la normale. Il faut bien le dire, ce lit repousse d’autant la végétation et ce sont fréquemment des blocs de pierre et des arbres morts que nous longeons nous laissant parfois pantois dans ce paysage désolé. Avec des rivières pilotées, les fluctuations sont plus lissées et les berges sont proches du cours d’eau, c’est le cas pour l’Allier, autre rivière que j’ai fréquenté peu de temps après la Drôme.

Par conséquent nous ne voyons que peu d’animaux sauvages, excepté un héron, semblant perdu en plein soleil. Ce n’est vraiment qu’à Espenel, village perché qu’on devine que très brièvement, que la végétation se fait plus proche du cours d’eau.

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En revanche du côté des paysages, c’est spectaculaire. Aussi bien les contreforts du Vercors et de l’autre côté du Diois plongent tout deux dans la rivière et offrent de temps à autre des curiosités géologiques comme les couches calcaires au bord de l’eau. Des habitations jonchent les coteaux au milieu des vignes de la célèbre Clairette de Die. La traversée de Pontaix sonne comme le seul rappel à la civilisation et même si l’on sait que la nationale Valence à Gap n’est jamais loin, on ne l’entend à peine.

Bien que le faible niveau d’eau nous oblige régulièrement à poser pied à terre pour redresser l’embarcation, les nombreux rapides rendent ludiques la descente. Chaque replat est l’occasion pour moi de prendre des photos mais je me rends compte rapidement que j’ai des soucis de réglages avec l’appareil photo de Margaux: balance des blancs faussée et sous exposition généralisée des photos.


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Seule une averse orageuse et soudaine est venue perturber le ciel bleu sur les deux jours de navigation, qui plus est avec une chaleur assez forte pour un début Juin. Des arbres en bordure de la rivière nous ont abrité durant une bonne demie heure tandis que l’on voyait les autres embarcations se jeter dans la gueule du loup: double ration d’eau avant de finir par s’arrêter.


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Si la première journée est rythmée par les rapides avec un agréable courant qui limite les coups de pagaie, la seconde journée, plus plate, en plaine surplombée de quelques collines remplace les coteaux et montagnes lointaines. Tout juste j’aperçois les Trois Becs, symbole du Diois en me retournant. De nombreux baigneurs viennent occuper les plages de plus en plus nombreuses et bordant la rivière. Certains rapides mal placés nous obligent à manier les canoës avec beaucoup de dextérité pour éviter les baigneurs trop occupés à s’amuser plutôt que de faire attention. Bref, comme d’habitude, c’est du chacun pour soi. 

L’arrivée approche mais le pont du Batelier à Mirabel & Blacons contraint à passer sous une arcade réservant un saut. Ce n’est pas très technique, cependant vu le monde sur la plage, nous préférons contourner à pied.

Aouste sur Sye avec ses demeures au goût de Provence se dresse maintenant, signe que l’arrivée n’est plus très loin. Étant donné que nous apprécions beaucoup la Drôme, à quelques 3h de route de la maison, nous reviendrons certainement cette fois pour accomplir la grande descente depuis Pont de Quart.

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