Avec cet article, je vous explique comment s’habiller et s’équiper pour une randonnée en Hiver. L’équipement ne doit pas être négligé sous peine de vivre une expérience en serrant les dents. Vous verrez qu’il est possible de recycler les habits d’été pour assurer un maximum de polyvalence à votre équipement.


En première intention, j’écris cet article sur la base de mon expérience en ski de randonnée nordique dans des conditions hivernales, à la fois dans le Vercors mais en Laponie sur la Kungsleden. J’ai aussi eu une formidable expérience d’un bivouac hivernal que j’aimerais réitérer. En seconde intention, j’ai effectué de longues recherches documentaires pour comprendre les textiles, les isolants, les densités pour accorder les achats à mes besoins.

Pour les plus pressés, je vous invite à lire l’essentiel dans le résumé en bas de page.

L’achat d’un vêtement thermique doit être minutieux, sous peine de le payer sur le terrain. Comprendre les étiquettes des produits permet de savoir si vous avez affaire à du bon matériel et éventuellement de savoir si le vendeur raconte des bobards.

Mes vêtements techniques, tous chers et de qualité, ont été achetés pendant les soldes ou de rabais organisés par le fabricant. C’est ainsi que je me suis équipé de ma doudoune en plume pour 150€ au lieu de 200€. Mes sous-vêtements thermiques ont tous été achetés à -50%, leur prix d’origine tourne autour des 80€ pièce, je vous laisse imaginer le gain.

Enfin si votre randonnée en hiver s’accompagne d’une nuit en refuge ou d’un bivouac, il est important de prévoir du rechange au minimum pour toutes les parties en contact avec le corps. Quand un jeu de vêtements sèche, l’autre est porté. Et ainsi de suite.

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Comment s’habiller pour randonner l’hiver ?

Le principe de base à adopter est de s’habiller comme un oignon, c’est à dire en 3 couches. Avant de vous en parler, il faut aussi considérer ces deux définitions:

  • statique: le corps ne fournit plus d’effort et vous êtes en pause
  • actif: le corps est en plein effort et dégage de la chaleur
merinos

1ère couche respirante, proche du corps. Celle-ci est un mix en matières synthétiques et laine merinos. Très chaude

doudoune

Seconde couche avec une doudoune en plume, chargé à 100g de plume CUIN 850. Excellent confort, RAS

La couche 1, respirante

Si vous optez pour de la laine merinos, prenez quelque chose ayant une densité d’au moins 200g/m², 260g/m² étant le plus chaud, plus épais mais plus cher également. Quoiqu’il en soit, le sous-vêtement doit coller au corps pour apporter une bonne chaleur. Les mix laine merinos/synthétique sont aussi possibles mais j’avoue que cela est un peu plus obscur pour se fier aux étiquettes.

La couche 2, isolante

Le marché est inondé de softshells, doudounes et polaires. Les matières sont souvent synthétiques ou en plume. En synthétique, regardez bien l’isolant utilisé. PrimaLoft est répandu, de bonne qualité cependant une densité de 60g/m² est un peu juste pour une utilisation statique, 100g/m² est mieux mais plus épais et plus lourd. Pour vraiment se tenir au chaud, il vaut mieux une doudoune en plume de bonne qualité (minimum CUIN 800 et 120g de plume). Sans ces deux critères, n’achetez pas, les doudounes en plume faiblement isolantes sont nombreuses. La doudoune synthétique, ne craignant pas l’humidité, peut se superposer à la doudoune en plume, qui elle craint l’humidité.

La couche 3, protectrice.

Il s’agit de vous parer contre le vent et l’humidité extérieure. A mon sens, une simple veste de randonnée imperméable et respirante fait l’affaire. Il vaut mieux s’isoler du froid par les couches intermédiaires.

Exemples d’utilisation du systèmes des 3 couches

Pour appliquer cette règle des 3 couches, on retrouve en haut, à minima en statique:

  • exemple 1: un sous-vêtement thermique en couche 1, une doudoune en couche 2, une veste imperméable en couche 3
  • exemple 2: un sous-vêtement thermique en couche 1 et une veste doudoune en couche 2/3
  • exemple 3: un vêtement thermique très épais en couche 1 et 2 et une veste légère imperméable en couche 3

Bien sur, ce ne sont que des exemples, personnellement en actif, je suis souvent en couche 1 et 3 voir couche 1 uniquement. Ce n’est qu’en passif quand le corps se refroidit que j’enfile la couche 2.

Viser la polyvalence

L’idée est de rendre polyvalent au maximum vos vêtements techniques aussi bien pour l’hiver que pour l’été. La doudoune pourra être prise en été pour des soirées fraîches. La veste imperméable est 4 saisons. Les sous-vêtements thermiques vous accompagneront dans votre sac de couchage. C’est la méthode que j’utilise notamment après plusieurs journées sans douche pour éviter de salir le sac de couchage. Ainsi l’utilisation de sous-vêtements peut définir le choix de votre sac de couchage, j’en parle dans cet article.

S’habiller chaudement aux jambes

Pour le bas, c’est un peu pareil, chacun fait sa tambouille, c’est toutefois un peu plus simple.

J’enfile souvent un collant thermique, de type laine merinos (toujours choisir densité au minimum de 200gr/m²) avec par dessus un simple pantalon de randonnée, idéalement bien près du corps pour garder la chaleur. Si le collant recouvre les pieds, ils seront encore plus protégés du froid. En cas de vent ou de mauvaises conditions météo comme en Laponie, j’enfile un sur-pantalon épais et imperméable qui recouvre bien mes chaussures.

La plupart des personnes utilisent un pantalon de randonnée épais pour les activités hivernales en plus d’un sous-vêtement, offrant moins de polyvalence qu’un simple pantalon de randonnée doublé d’un sur-pantalon si nécessaire. Il faut tout même savoir que les jambes ont moins besoin de chaleur que le haut du corps.

Comment ne pas avoir froid en randonnée ?

Adopter le système des 3 couches pour le haut et le bas du corps ne suffit pas à éviter d’avoir froid. Il faut aussi considérer les 4 points d’entrée du froid dans votre corps:

  • la tête: le bonnet en laine ou le tour de cou doublé en polaire/laine sont indiqués ou éventuellement une doudoune à capuches. Mettre la capuche de la veste imperméable par dessus améliore grandement l’isolation
  • le cou: en général, un tour de cou simple suffit, d’autant plus si vous avez une polaire/doudoune au cou rembourré. Éventuellement mettez un tour de cou en polaire pour être vraiment tranquille en cas de conditions venteuses. Par exemple, en Laponie, j’ai toujours skié avec un tour de cou polaire jusqu’au nez pour cette raison. Il existe aussi des tours de cou en laine merinos, avec une densité autour de 260g/m² pour un maximum de chaleur.
  • les mains: Plusieurs choix s’offrent à vous: laine merinos jusqu’à une densité de 260g/m² pour des gants uniques. Sinon vous pouvez choisir de partir avec des sous gants en polaire pour les moments en actif et une paire de gants imperméables et chaudes, grâce notamment à l’isolant Primaloft, pour les moments en passif. Il existe des gants en plume mais les nombreuses manipulations les rendent fragiles. Les moufles peuvent être une solution, en revanche, au revoir la dextérité.
  • les pieds: la laine merinos vous apportera de la chaleur, surtout si c’est du grammage à 260g/m². Si les chaussettes sont montantes, c’est encore mieux, notamment pour limiter le contact de la neige avec la peau. Il peut être utile de doubler les chaussettes avec une paire de sous-chaussettes. Néanmoins, protéger du froid le pied est crucial, c’est l’élément qui côtoie au plus près la neige. Cela fait l’objet du paragraphe suivant.
gants

Ces deux paires de gants se complètent: des sous-gants à utiliser en actif et des gants isolants et imperméables à mettre en cas de conditions humides et au repos

Enfin, si vous craignez le vent et le froid par les yeux, n’hésitez pas à emporter une paire de lunettes couvrant bien les yeux. Le masque de ski peut être une solution par temps vraiment mauvais. D’une manière générale, ne laissez rien qui a été au contact de votre transpiration à l’air libre. Par exemple en quelques minutes vos gants peuvent être gelés et les remettre vaudra quelques dizaines de minutes pour les réchauffer de nouveau. Bref, lorsque vous ne vous servez pas des gants, tours de coups, rangez les à l’abri de l’humidité.

Comment isoler les pieds du froid ?

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La chaussure du haut, tout en cuir, sans être dédiée, est plus adaptée pour les conditions hivernales que celle du bas, bien plus respirante.

Garder les pieds au chaud est le nerf de la guerre. Lors des randonnées en Hiver, on a tendance à prendre les mêmes chaussures hautes que pour le reste du temps. Souvent, ces chaussures sont très respirantes, légères et souples. C’est un avantage durant l’été mais nettement moins en Hiver. En effet cette ventilation va permettre à l’humidité et au froid de s’engouffrer plus facilement et ainsi envahir le reste du corps.

Une première solution serait de disposer de chaussures de randonnée hautes en cuir, plus lourdes et moins respirantes ce qui occasionne le maintien de la chaleur aux pieds. En été, cela peut être désagréable mais très utile en hiver. Pensez donc à cette solution pour un maximum de polyvalence.

La seconde solution est d’acheter une paire de chaussures hautes dédiée pour les activités hivernales. Ces chaussures, plus confidentielles sont rembourrées d’un isolant gardant la chaleur de vos pieds, cependant difficile de tirer au clair les technologies utilisées. En général, ces chaussures sont plus hautes pour limiter l’intrusion de la neige et s’accompagnent d’une membrane imperméable. Toutes les grandes marques ont au moins une paire dédiée pour l’Hiver et pour ne pas les confondre avec les classiques, demandez bien “chaussures hiver” en magasin. Avec ce genre de chaussures et une bonne paire de chaussures, vous ne devriez pas craindre le froid.

Je ne suis pas un grand fan des guêtres, tout au plus, elles peuvent servir si vous avez des chaussures en tige basses. Cela fait du matériel en plus à porter. Avec un bon collant et un sur-pantalon par dessus et recouvrant la chaussure, la neige ne viendra jamais vous refroidir.

Résumé

En quelques lignes, je synthétise ce que je viens de démontrer sur comment s’habiller pour une randonnée en hiver. Toutefois, il s’agit d’un avis subjectif.

  • En première couche: un tee-shirt manches longues en laine merinos, densité au minimum 200g/m²
  • En seconde couche: une doudoune en plume, CUIN 800, 120g de garnissage. Éventuellement une doudoune synthétique avec isolant Primaloft, préférez densité de 100g/m²
  • En troisième couche: prendre la même veste imperméable et respirante que celle utilisée en été. Pour plus de chaleur, misez sur la couche 2
  • Pour le bas: collant laine merinos, densité au minimum 200g/m² avec un pantalon de randonnée au dessus voire un sur-pantalon qui doit recouvrir les chaussures
  • Gants avec isolant thermique et si possible imperméables, tour de cou doublé polaire, bonnet en laine, chaussettes en laine merinos
  • Chaussures hautes en cuir pour la polyvalence ou alors chaussures de randonnée d’hiver plus dédiées
  • Les vêtements sont chers, attendez les soldes !
  • Prévoir une redondance de tous les vêtements au contact du corps si vous partez en refuge ou en bivouac