Qui, parmi les romantiques de ce monde, n’a jamais rêvé de passer le nouvel an dans un lieu insolite, comme un chalet en montagne ? Je vous relate donc l’expérience vécue il y a quelques années en compagnie d’une troupe de joyeux lurons.


Lors du passage du nouvel an 2016, j’étais dans un avion en direction d’un de mes derniers grands voyages. Pour continuer dans cette thématique insolite, en cette fin d’année 2017, Marion, une amie, se propose de réunir dix-huit personnes dans un chalet perdu dans le massif des Écrins. Oui, je répète 18 personnes ! J’ai déjà eu l’occasion de venir à ce chalet quelques mois plus tôt pour un week-end en comité restreint.

Le chalet est situé en plein montagne dans le massif des Ecrins, à une dizaine de kilomètres de la Bérarde, un hameau en cul de sac.

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Un chalet perdu. Mais vraiment perdu !

La Bérarde est un excellent point de départ de randonnées comme celle donnant accès au prestigieux sommet de la Meije du côté intérieur des Ecrins donc. Elle se fait plus classiquement admiré depuis la vallée de la Romanche symbolisé par le fameux Plateau d’Emparis. Il est difficile de trouver un endroit aussi implantée dans le parc national qui soit accessible par la route.

A chaque fois que je reviens, les lieux me donnent un sentiment de bout du monde et il m’est difficile de croire que Grenoble soit à 1h de route. Le hameau ne vit uniquement que pendant la saison estivale, l’hiver la route n’est pas entretenue et seuls les skieurs peuvent s’y rendre. Un exemple similaire se trouve aux Lanches à Peisey-Nancroix ou j’ai résidé le temps de deux saisons, le hameau inhabité en Hiver voit passer des pistes de ski de fond. En raison d’une habitation permanente un peu plus loin, la route est déneigée jusqu’au parking d’accès du chalet mais n’exonère en rien les potentielles difficultés pour s’y rendre en Hiver. A vrai dire, quelques heures plus tôt, je n’étais même pas sur de pouvoir y venir en raison d’une avalanche ayant coupée la route. Sur place personne n’est étonné, le couloir avalancheux est connu et rien ne pourra éviter que cela se reproduise.

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Certaines personnes ont du passer une nuit d’attente dans un village précédent, la route est heureusement rétablie rapidement le jour de notre venue. Cela renforce le charme et le côté paumatoire du hameau.

Dernier détail concernant l’accès: les 15 min de marche sur la neige humide sonnent vraiment comme une micro aventure pour atteindre le chalet situé à 1650m d’altitude. Même de nuit et sous la neige, l’accès ne relève aucune difficulté et malgré ma journée de travail, une tenue pas vraiment adéquate pour du plein air, je suis en pleine forme et revigoré en quête de cette fondue méritée.

Une partie de la troupe est descendue munie de frontales, pas tellement pour escorter, nous les 4 derniers à arriver, mais plus pour monter le ravitaillement, comprendre par là, le fromage manquant et le vin de Savoie pour verser dans le cliché ! La lune est claire, il est possible de distinguer les silhouettes des montagnes environnantes et surtout une qualité de neige dégradée, les arbres sont à poil. A l’arrivée, les lueurs chaleureuses des vitres suggèrent l’ambiance intérieure tandis que les chalets voisins restent inoccupés.

Un chalet confortable

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Rendre honneur en photo le chalet partiellement enterré dans la pente est assez hasardeux, en revanche mettre en lumière les montagnes environnantes n’a rien de compliqué !

S’il est beau à l’extérieur, le confort intérieur n’est pas en reste: électricité, wi-fi, eau chaude avec toutefois des précautions à prendre pour ne pas vider le cumulus trop rapidement. Il ne manque que le réseau téléphonique y compris mobile. Cela dit, la dernière fois que j’y suis allé, il m’a semblé que l’on pouvait capter.

Historiquement un refuge devenu en piteux état, le chalet est finalement racheté par des propriétaires et rénové. Après plusieurs années, il sert maintenant de confortable abri et lieu de repos pour plusieurs jours et les propriétaires sont heureux de le prêter à leur cercle de connaissances.

Mais alors comment dors t-on dans ce chalet ?

Autant l’étage principal ressemble à un habitat classique de montagne, les combles ressemblent sont dignes des dortoirs de refuge. En effet, les lits sont posés les uns à la suite des autres dans une grande pièce et seules deux petites pièces aménagées servent de chambre. Comme dans un refuge, seuls les couvertures sont fournis, il faut embarquer les sacs de couchage. Bien entendu, les 18 gaillards que nous étions ce soir là ne pouvaient pas dormir dans le dortoir, certains, dont moi-même, ont dormi sur des matelas gonflables.

Qui dit chalet de montagne, dit neige, dit repas savoyard. Ce soir, au choix tartiflette ou fondue savoyarde. A vrai dire, je n’ai plus trop souvenir des fromages utilisés pour la fondue, quoiqu’on en dise, cela a toute son importance. Le repas se conclut par divers desserts dont notamment une bûche de Noël confectionnée par une collègue. Je vous épargne aussi la liste des breuvages coulant à flot ce soir.

Quand l’heure sonne à minuit, outre les embrassades, quoi de mieux que d’aller fêter ça sur une luge dehors dans la nuit ? C’est ainsi l’idée qu’ont eu un bon nombre d’entre nous, histoire de bien digérer le repas avant de se mettre à danser.

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fondue

Comme par hasard, c’est le moment choisi par ma fatigue pour s’installer, un bon prétexte pour m’asseoir et ainsi esquisser mon aversion pour la danse, comme d’autres d’ailleurs. La nuit est courte et après des réveils progressifs de part et d’autre, le groupe entier s’affaire autour de midi pour terminer les restes et tout ranger. Une des conditions de l’utilisation du chalet est justement de tout laisser au propre et de remercier les propriétaires par des bouteilles de champagne.

Quand les uns se portent volontaires pour descendre les poubelles, d’autres font le ménage. C’est sous un beau soleil que l’on redescend tous au parking avant de se disperser dans nos voitures respectives et de quitter les lieux. Gare à la neige qui a durci de nouveau après avoir été molle.

Décidément, ce hameau de la Bérarde se mérite, aussi bien pour y venir qu’en partir.