L’été arrive et avant que mes semaines soient passés au travail, nous souhaitons avec Margaux prendre de l’air, non loin de chez nous le temps d’un WE. A la recherche d’un parcours à vélo, le Haut Bugey s’est imposé comme une évidence en dépit d’un profil montagneux dans sa première partie. En effet, à la recherche de souvenirs de vacances j’ai esquissé un tracé nous permettant de sillonner le plateau de Hauteville et le Haut-Valromey à une altitude d’environ 1000m qu’il faut bien monter depuis la vallée. En dehors du col de la Lèbe qui sert de passerelle au plateau et de la montée au plateau de Retord, le parcours ne présente pas de difficultés.

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Le Haut-Bugey a été le théâtre de plusieurs vacances d’Hiver passées en famille il y a de cela plus de vingt ans, à une époque ou la neige régnait en maître durant quelques mois. S’il y a une chose à savoir concernant le Haut-Bugey c’est son climat rigoureux du à sa position méridionale dans le massif du Jura.

Bien entendu avec le réchauffement climatique le climat se tempère et les stations de ski comme celles des Plans d’Hotonnes font face à un casse-tête de viabilité économique avec la neige qui se raréfie au fil des années. En tout cas le climat rigoureux a toujours des restes comme nous l’avons senti avec une fraîcheur remarquable au plateau de Retord, connu des locaux pour son micro-climat à 1200m typique du massif du Jura.

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Nous sommes partis d’Artemare dans la plaine du Valromey pour aussitôt voir la route s’élever jusqu’au col de la Lèbe, point d’accès au plateau d’Hauteville. C’est le premier col pour Margaux, bien que la pente soit douce, les longs kilomètres de montée sont un exercice mental nécessaire pour être bien préparé aux voyages à vélo. A force de patience, cela se passe sans encombres excepté l’étagement des pignons de la cassette arrière qui ne l’aide pas à avoir un rythme de pédalage adapté.

Le plateau d’Hauteville nous procure un sentiment assez surprenant: les résidus d’un passé industriel et les nombreuses maisons à l’entretien quelconque nous laissent dubitatifs quant à la pertinence de la destination pour le week-end. Autant le dire, Hauteville-Lompnes la ville principale ne présente aucun intérêt, circulez il n’y a rien à avoir. Nous nous contentons de pédaler, de passer outre les mines et carrières et d’effleurer le relief jurassien sans y être immergé réellement. La soirée se déroule tranquillement au camping de Champdor où l’activité peine à redémarrer après le confinement. Cette nuit aurait très bien pu se faire en bivouac mais cela pour une prochaine virée.

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Après une première journée avec 800m de dénivelé positif, il nous en reste encore 400 pour atteindre la chapelle de Retord pour ce qui serait un lieu de pèlerinage: gamin, je passais à proximité skis aux pieds. Le cheminement à vélo permet de quitter le plateau de Hauteville pour rejoindre le Haut-Valromey qui est franchement plus accueillant. Je reconnais enfin le Jura avec ses courbes douces, ses fermes franc-comtoises et ses grandes étendues de forêts. La route continue de s’élever avec un goudron accrochant les pneus, nous ralentissant encore un peu plus. Mais l’arrivée sur le plateau sous son visage rude et désolé typique du Jura récompense nos efforts. Bien que la chaleur arrive ce week-end, nous sommes obligés de nous couvrir, le micro-climat local renferme beaucoup de fraîcheur amené par le vent.

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La chapelle de Retord marque le point de retour de notre boucle, à partir de ce moment, tous nos efforts produits à la pédale sur le vélo se voient récompenser d’une belle et longue descente en faux-plat ne nécessitant plus vraiment de tourner les jambes. C’est alors que nous empilons les kilomètres dans le Valromey avec l’esprit plus alerte pour apprécier les paysages vivifiants. Nous passons par le Grand Abergement, Hotonnes, Songieu et Champagne en Valromey avant de redescendre pour de bon vers Artemare et de retrouver la chaleur digne d’une mois de Juin. Autant vous dire qu’on a clairement profité de cette belle et longue descente qui nous offrait la possibilité de deviner au loin la Chartreuse et le Vercors.

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Au final, notre virée à vélo dans le Haut Bugey s’est avérée bien agréable. Il faut bien avoir en tête qu’en venant dans cette région assimilée au massif du Jura, difficile de trouver des bonnes portions roulantes. Personnellement, ce n’est pas ce qui me rebute car selon moi le relief apporte de la variété aux paysages. Si le plateau de Hauteville avec ses vestiges industriels ne nous a guère enchanté, le simple fait d’être en mouvement nous a transporté en quelques kilomètres dans un environnement qui m’est familier: le Jura.

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La nouveauté de ce week-end à vélo est d’avoir planifié le trajet en amont afin de mesurer l’effort à fournir mais aussi de minimiser l’utilisation de routes à fort trafic. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés sur une petite route à peine goudronnée en pleine forêt jurassienne sous forme de raccourci afin d’accéder au Valromey. Plus que jamais, même si les petites routes sont sinueuses et mal revêtues, je les préfère largement aux billards de routes plates au revêtement impeccable mais qui drainent bon nombre de voitures.

Même si nous avons fait le choix de venir en voiture au point de départ, il est tout à fait réalisable de venir en train jusqu’à Culoz, à 10km d’Artemare ou depuis Virieu le Grand à 6km d’Artemare, toutes deux facilement accessibles depuis Lyon. D’ailleurs Culoz est le point de départ de la Grande Traversée du Jura à vélo, dont d’ailleurs nous avons suivi le tracé par moments. A noter qu’il n’a pas de balisage, c’est à vous d’avoir votre GPS.

En résumé, venir dans le Haut-Bugey, c’est incontestablement s’ouvrir une porte vers un voyage à vélo vallonné mais aussi dépourvu de grand trafic.

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