En 2017, un peu à l’improviste, je me suis joins à un groupe de potes avec pour ambition de randonner sur le GR54 Tour des Écrins plus précisément sur la section entre Huez et le Monêtier-les-Bains. Retour sur une randonnée avec bivouac pas tout à fait comme les autres.


Détails pratiques

  • Distance: 54km
  • Dénivelé: 3000m
  • Durée: 4 jours de marche. Alternance de bivouacs sauvages et près de refuges
  • Difficulté: très bon balisage tout le long, sur le GR54. Sentier facile à marcher, pas de difficultés techniques
  • Cartographie: Les cartes IGN TOP25 3335ET, 3435ET et 3436ET couvrent une bonne partie du sentier sauf vers le Monêtier-les-Bains
  • Départ/Arrivée et accès: Huez et Le Monêtier-les-Bains sont accessibles par bus.

Il n’est pas nécessaire de charger sur un GPS l’itinéraire Openrunner tracé tant le balisage est excellent sur ce sentier de grande randonnée GR54. Nous sommes partis un samedi après-midi, puis trois journées complètes ont suivies. Forcément en groupe, une certaine inertie impacte sur le rythme de la randonnée mais le plaisir va de pair. Néanmoins, les journées furent bonnes et le bivouac, dont les emplacements ne manquent pas, toujours agréable.

Petite mise en perspective de cette randonnée

Disons le tout de suite, cette randonnée sur le GR54 suivant le tour des Écrins ne reste pas dans mes meilleurs souvenirs. J’avais d’ailleurs titré l’article “Le fiasco d’un trek entre pote” pour relater mon expérience de cette randonnée en groupe de six personnes.

Depuis ces mésaventures je veille dorénavant à bien choisir mes partenaires d’aventure: partir en groupe ne s’improvise pas.

Si nous sommes quatre à nous être arrêtés à le Monêtier-les-Bains, deux autres ont continué jusqu’à Vallouise. Enfin un dernier a parachevé le tour entier, ce qui était d’ailleurs son projet à la base. Pour situer un peu plus les lieux, notre randonnée s’est déroulé sur la partie Nord du parc national des Écrins, des Grandes Rousses et des Arves pour faire face aux fabuleux glaciers pour nous rendre vers la partie Est, non loin de Briançon.

groupe_col_de_sarenne

Je ferais par la suite un article détaillé sur le Tour des Écrins – GR54 pour récapituler un peu tout ça et faire le lien avec d’autres randonnées dans le parc national, notamment la boucle autour du signal du Lauvitel et le tour du Vieux Chaillol.

Il est temps maintenant de relater cette randonnée de 4 jours dans les Écrins.

Le tour des Écrins entre Huez et le Monêtier-les-Bains

col_de_sarenne
Nous laissons les voitures en ce début de samedi après-midi ensoleillé à Huez pour nous diriger vers le premier objectif de la journée: le col de Sarenne. Il faut savoir que le GR54 – Tour des Écrins ne se déroule pas entièrement dans le massif des Écrins mais également dans les Grandes Rousses et les Arves, le village de Huez, à l’ombre de la célèbre station, étant situé dans le premier cité. Si pour le moment, nous ne distinguons pas clairement les Écrins, nous profitons des résidus des chutes de neige récentes sur les hauts sommets. Le sentier, en bonne partie sur des pistes forestières longeant les installations de ski, le meilleur reste à venir.

Cette entrée en matière permet au groupe de se régler en fonction du rythme de chacun. Le col de Sarenne offre déjà un premier spectacle: le Plateau d’Emparis se dresse devant nous et fera l’office d’un bivouac le lendemain. Au second plan, la Meije se dresse également.

Tandis que le soleil se fait la malle dans la descente du col vers Clavans Le Haut, une aire de bivouac aménagée dans le village se profile pour le soir. Près d’une forêt et dans une vallée encaissée, la fraîcheur ne tarde pas à envahir nos vêtements et toiles de tente.

Le plateau d’Emparis est le hors d’œuvre de cette seconde journée, pour cela il nous faut descendre à Clavans le Bas avant de remonter à Besse, village montagnard perché, qui justifie à lui seul un bon café matinal. La montée sur le plateau demande un effort d’une à deux heures avant d’assister à un spectacle étourdissant, que j’ai déjà vécu l’année d’avant lors d’un bivouac.

plateau_emparis_soir
plateau_emparis_tente

D’ailleurs pour l’anecdote, le groupe a rapidement acquiescé devant mon insistance pour ce détour amenant à ce panorama sensationnel sur les glaciers des Écrins et la Meije. En amont des conflits postérieurs, nous avons tous passé un excellent moment ce soir là et je garde toujours en mémoire cet attroupement autour d’une lampe à refaire le monde.

J’ai également profité de l’aubaine d’un petit lac pour piquer une tête dans l’eau froide, à près de 2500m, un peu en guise de défi. Bien entendu, quelques minutes plus tard, j’étais grelottant et prêt à me coucher dans la tente (La Vaude Taurus UL testée) que je partageais avec Guillaume. Heureusement que nous étions munis de bons sacs de couchage car la nuit fut fraîche, conséquence d’un changement de régime météorologique.

groupe_bivouac_nuit
groupe_tour_ecrins
La Grave constitue une nouvelle transition après avoir descendu le plateau par le Chazelet et rejoint la civilisation, nous basculons, littéralement, du côté du parc national des Écrins. Le passage, dans le village, un semblant d’alter-ego de Chamonix est l’occasion de faire quelques courses pour le bivouac du soir. Celui-ci a lieu non loin du refuge de l’Alpe du Villar-d’Arène dans une ambiance alpine, marmottes compris, au sein d’une vallée coupée par la Romanche, pour ce qui est encore un torrent.

Si le bivouac est autorisé au sein du parc national, il doit l’être entre 19h et 9h du matin et doit être à une heure de marche d’un accès routier au parc. Étant donné la fraîcheur au petit matin, nous avons levé le camp tardivement ce qui a eu pour conséquence de décaler la journée de marche. C’est tout naturellement que nous finissons de manger à la lueur du coucher de soleil le soir.

L’occasion est trop belle pour moi de réaliser une photo des tentes sous un ciel étoilé.

vallée_romanche
bivouac_étoilé
Le passage du col d’Arsine met mon corps à rude épreuve et je préfère me reposer tandis que les copains vont patauger dans le lac du Glacier d’Arsine à proximité. Mônétier-Les-Bains est le terminus de la longue descente, sous l’accompagnement du Petit Tabuc, un torrent dont les couleurs trahissent l’origine glaciaire de l’eau.

Arrivés au Casset, nous devons longer la Guisane, sur quelques kilomètres avant d’effleurer le terminus de notre randonnée, précisément à la station 1500 de Serre-Chevalier, le nom donné à l’ensemble des villages formant cette célèbre station de ski. Si la foule des grands jours vous rebute, le sentier bifurque au même endroit vers le col de l’Eychauda à travers les télésièges.

Une variante par le lac de l’Eychauda évite au mieux les remontées mécaniques mais c’est au prix de quelques passages exposés.

col_arsine

Le bilan de cette section du Tour des Écrins

Cette section du Tour des Écrins est très variée. Tout d’abord, elle navigue dans deux massifs voisins des Écrins pour mieux se projeter sur celui-ci. Les vues sont alors fantastiques notamment sur les glaciers et la mythique Meije. Si le col d’Arsine procure une ambiance sauvage et alpine, elle reste cependant fugace: la “civilisation” n’est jamais bien loin, en témoigne les villages touristiques de la Grave et le Monêtier-les-Bains, passages toutefois obligés. Enfin, pour les copains ayant continué vers Vallouise, il leur fallait également composer avec les remontées mécaniques, de la même manière que pour la descente du plateau d’Emparis au Chazelet ou la première journée vers le col de la Sarenne le plus souvent sur de larges pistes forestières.

Ce n’est vraiment à partir de Vallouise, avec le pas de la Cavale que le GR54 Tour des Écrins amorce une partie nettement plus sauvage, alpine et par conséquent sportive. Cette recherche d’immersion alpine n’est vraiment que de ma volonté personnelle, elle ne vient pas gâcher outre mesure l’expérience, je pense qu’il faille la prendre dans son ensemble.