Il m’est difficile de savoir par où commencer cet article de synthèse de ma préparation scientifique alors que ce projet revêt un caractère émotionnel fort. Cette idée d’itinérance à ski remonte à une époque ancestrale, alors que je vivais une existence loin de la neige, loin de la montagne, loin de l’esprit d’aventure. Je m’étais dit:

un jour, je ferais du ski en Laponie

Un premier trek en 2013, durant la saison estivale était un premier saut dans ce rêve. D’autres voyages ont suivi dans diverses régions du Grand Nord. Bien loin de vouloir m’arrêter en chemin, j’avais bien gardé secrètement en tête ce rêve, puis finalement ce projet.

Alors que dans l’imaginaire des gens, faire une excursion à ski sur plusieurs jours avec tout le chargement nécessaire dans le sac à dos tient de l’extrême, cette idée m’est devenue petit à petit possible. Après acclimatation sur la discipline peu courue en France qu’est le ski de randonnée nordique (à ne pas confondre avec l’alpin qui vise clairement autre chose) l’année dernière, le projet devenait carrément réalisable.

Il ne restait plus qu’à enclencher la préparation du projet à échéance le soir du 25 mars.

Le projet

Il s’agira depuis Kvikkjokk en Laponie suédoise de relier Staloluokta et plus précisément Kebnats de l’autre côté du lac gelé. Voici une trace GPS récupérée sur Wikiloc qui regroupe grosso modo mes idées.

parcours_srn_laponie

De bout à bout, il y a 3 refuges du STF (45€ la nuitée, 35€ en étant membre HI) en plus du centre d’hébergement de Kvikkjokk et de celui de Saltoluokta. Ce qui laisse donc la possibilité de faire 4 étapes, avec une distance quotidienne tournant autour de 15 à 20 km. Il faut savoir que je suivrai les traces enneigées de la Kungsleden, la célèbre randonnée suédoise. Le parcours Été n’est pas tout à fait le même en Hiver, ce dernier empruntant des lacs et évite les sous-bois. En réalité, il faudra surtout viser les traces de skis partant dans une direction donnée. Sur la neige, la liberté est encore plus grande que sur la caillasse. L’un dans l’autre je ne m’attends pas à être isolé, d’ailleurs les refuges sont régulièrement fréquentés par des français, allemands, néerlandais et locaux …

L’avantage du projet est de m’être gardé 2 voire même 3 jours de battement pour pouvoir faire des excursions à la journée, notamment vers Skierfe, un prestigieux point de vue sur le parc national du Sarek, ou encore d’autres excursions vers des vallées dont les idées ne manqueront pas une fois sur place. Bien entendu ces 2 à 3 jours de battement serviraient aussi en cas de mauvais temps.

Ce projet a été choisi parce qu’il n’impose pas trop de contraintes matérielles (6 jours est un maximum à mon sens pour être confortable avec un sac à dos, au delà la question d’une pulka se pose) tandis que les points de départ et d’arrivée sont accessibles en train et bus, et ce depuis la France. Histoire de préciser, sans avion donc.

Fin mars – début Avril est une bonne période au niveau climatique pour ce genre de projets. Selon une amie d’origine finlandaise, connaisseuse de la Laponie, le froid est sec, la température ressentie ne correspond pas à la température constatée, de l’ordre d’une dizaine de degrés d’écart comparativement à ce qu’on a l’habitude dans nos contrées

Le matériel.

J’ai suivi les précieux conseils de cet article sur Ski Randonnée Nordique pour constituer cette liste tout en l’ajustant selon les préférences personnelles, notamment en ce qui concerne la photographie et la sécurité: pas de tente, ni de matelas en cas d’urgence, mais une couverture tarp solide « bivy ». Je dispose aussi de vêtements hautement techniques, en laine merinos, parfois en duvet d’oie ou synthétique selon les usages désirées.

Les skis ont été achetés au début de l’Hiver, ont été testés, approuvés pour un usage polyvalent et demandent une bonne technicité dans tous les cas. Idéalement je voulais des câbles latérales en plus des fixations 75mm en « patte d’oie » mais une erreur d’appréciation de ma part m’a fait acheter d’autres fixations apportant moins de maniabilité en descente.

Contrairement à mes précédents voyages, notamment mon périple à vélo vers Lisbonne pour lequel je m’étais contenté de mettre les affaires dans les sacoches sans calcul, j’ai ici abordé une liste en pesant tous les éléments un par un, avec précision et ce pour deux raisons: la première, celle de ne rien oublier pour un projet inaugural de ce type, la seconde celle de voir le poids réel à porter et si besoin d’ajuster.

liste_srn_laponie_1

A quoi cela ressemble la Laponie suédoise ?

Oui, j’ai bien précisé suédoise, ou encore suédoise des montagnes. La Laponie finlandaise n’a rien a voir avec celle que je vais parcourir, encore faut-il séparer la Laponie finlandaise de l’ouest, du nord et de l’est. Ne parlons même pas de la Laponie norvégienne dont je ne saurai si je dois inclure les îles de la côte Ouest autour de Tromsø. Même si mon itinérance se fera dans de larges vallées, les montagnes abruptes du Sarek se distingueront au loin. Je vous laisse avec quelques photos souvenir de mon passage précédent, dans le parc national voisin, celui de Padjelanta.

vallée_padjelantaleden lac_virihaure caillebotis_padjelantaleden

Alors, prêt pour l’aventure ?

Note: Détrompez-vous, la photo de couverture est prise dans le Vercors avec le Grand Veymont tout blanc en guise de sommet. Comme quoi.